Dans le Rwanda ancien, il y avait tout un éventail de produits de beauté.  L’usage des parfums (imibavu) et des laits corporels (amadahano ou imbiribiri) était d’usage courant dans l’ancien Rwanda. Leur préparation (ukudaha) était l’affaire des spécialistes et requérait beaucoup de patience. Les crèmes de beauté parfumées étaient fabriquées à partir des plantes aromatiques pilées... Lire la suite

Sonnette d'alarme: 100.000 prisonniers rwandais en danger de mort!!!

Les mesures visant la mort par la faim et par la maladie sont régulièrement édictées par le gouvernement rwandais.

Ceci est très grave: des mesures gouvernementales viennent de rendre la vie des prisonniers encore plus difficile. Alors que le gouvernement alloue uniquement  22.940 Frw (soit 42 dollars) par an pour l'entretien et l'alimentation de chaque détenu, il vient de décider qu'aucun approvisionnement extérieur en faveur des prisonniers n'aura plus lieu. C'est la vie de 100.000 prisonniers qui est menacée. Voici quelques extraits significatifs d'un reportage de Syfia Grands Lacs:

 (....) " Depuis début juillet 2008, au Rwanda, les familles n'ont plus droit d'apporter à manger aux détenus comme à l'accoutumée. Selon le ministre de la Sécurité intérieure, Mussa Fazil Harerimana, ce nouveau régime pénitentiaire vise à "assainir le service national des prisons, et limiter les mouvements de va-et-vient de personnes allant voir les leurs en prison sans avoir le temps de vaquer à d'autres occupations". Il estime "la ration alimentaire servie dans les prisons est suffisante." Ces nouvelles mesures limitent aussi les contacts entre les quelque 100 000 prisonniers et l'extérieur.

La commission du Sénat rwandais chargée de la coopération et de la sécurité, dans son rapport de 2007, évalue le repas journalier d'un détenu à très exactement 673 g, (300 g de maïs, 250 g de haricots, 100 g de sorgho pour la bouillie, 15 g d'huile et 8 g de sel). Seuls les malades, les vieillards, les mineurs, les femmes allaitantes et les nourrissons bénéficient de deux fois plus de bouillie tous les jours. Les pensionnaires des centres pénitentiaires militaires mangent eux trois fois par jour disposant des 12 000 Frw, soit 22 $, par mois de leur ration mensuelle quand ils sont au service. Leur menu est plus varié.

"La ration reste insuffisante et pauvre du point de vue nutritif", constate un secrétaire exécutif d'une prison. En outre, les quantités allouées ne permettent pas de nourrir tous les prisonniers. "Chaque fois, les derniers arrivés n'ont pas à manger. Ainsi, ceux qui sont servis les premiers un jour, viendront les derniers le lendemain. Les provisions des familles complétaient la ration officielle, car ceux qui les reçoivent partagent avec les amis ou laissent celle de la prison", explique ce détenu de Nsinda, Est, qui reconnaît cependant que les ruptures de stock sont moins fréquentes ces derniers temps. "L'État s'engage à nourrir ses détenus longtemps laissés à charge des humanitaires et de leurs proches", constate un agent du ministère des Finances. Le Comité international de la Croix-rouge, CICR, a arrêté, en 2004, de nourrir les prisonniers rwandais.

Inquiétudes
Pourquoi supprimer ces visites subitement alors que le budget global des prisons tend à diminuer et que les Gacaca continuent d'engorger les centres pénitentiaires, s'interrogent certains. De mars 2006 à juin 2007, à la suite de ces procès, le nombre de prisonniers a augmenté de 30 %, relève la commission sénatoriale. Le record étant battu par Butare qui envoyait en prison 700 personnes chaque mois.

La Ligue rwandaise pour la promotion et la défense des droits de l'homme (Liprodhor), dans son rapport de monitoring des prisons du premier trimestre de 2008, rappelle aussi qu'en mars-avril 2007, les autorités pénitentiaires ont invité les familles à apporter davantage à manger aux prisonniers, car la nourriture manquait alors que la population carcérale ne cessait d'augmenter. Un responsable d'une prison s'inquiète : "Il arrive que nos fournisseurs fassent défection ou manquent de provisions en raison de pénuries."

Le budget alloué à l'entretien et l'alimentation de chaque détenu est de 22 940 Frw (42 $) pour cette année".

Jean Baptiste Nkuliyingima,

DHR, 14 juillet 2008

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Rwanda
Les familles ne peuvent plus nourrir leurs prisonniers

10-07-2008                

par Albert-Baudoin Twizeyimana

(Syfia Grands Lacs/Rwanda) Depuis le 1er juillet, les 100 000 prisonniers rwandais doivent se contenter de la maigre ration pénitentiaire : leurs familles n'ont plus le droit de leur apporter à manger, ni de leur rendre visite aussi souvent. Des mesures qui en inquiètent plus d'un.

Depuis début juillet 2008, au Rwanda, les familles n'ont plus droit d'apporter à manger aux détenus comme à l'accoutumée. Selon le ministre de la Sécurité intérieure, Mussa Fazil Harerimana, ce nouveau régime pénitentiaire vise à "assainir le service national des prisons, et limiter les mouvements de va-et-vient de personnes allant voir les leurs en prison sans avoir le temps de vaquer à d’autres occupations". Il estime "la ration alimentaire servie dans les prisons est suffisante." Ces nouvelles mesures limitent aussi les contacts entre les quelque 100 000 prisonniers et l'extérieur.
La commission du Sénat rwandais chargée de la coopération et de la sécurité, dans son rapport de 2007, évalue le repas journalier d'un détenu à très exactement 673 g, (300 g de maïs, 250 g de haricots, 100 g de sorgho pour la bouillie, 15 g d'huile et 8 g de sel). Seuls les malades, les vieillards, les mineurs, les femmes allaitantes et les nourrissons bénéficient de deux fois plus de bouillie tous les jours. Les pensionnaires des centres pénitentiaires militaires mangent eux trois fois par jour disposant des 12 000 Frw, soit 22 $, par mois de leur ration mensuelle quand ils sont au service. Leur menu est plus varié.
"La ration reste insuffisante et pauvre du point de vue nutritif", constate un secrétaire exécutif d'une prison. En outre, les quantités allouées ne permettent pas de nourrir tous les prisonniers. "Chaque fois, les derniers arrivés n'ont pas à manger. Ainsi, ceux qui sont servis les premiers un jour, viendront les derniers le lendemain. Les provisions des familles complétaient la ration officielle, car ceux qui les reçoivent partagent avec les amis ou laissent celle de la prison", explique ce détenu de Nsinda, Est, qui reconnaît cependant que les ruptures de stock sont moins fréquentes ces derniers temps. "L'État s'engage à nourrir ses détenus longtemps laissés à charge des humanitaires et de leurs proches", constate un agent du ministère des Finances. Le Comité international de la Croix-rouge, CICR, a arrêté, en 2004, de nourrir les prisonniers rwandais.

Libérer les familles
Jusqu'à présent, les détenus pouvaient rencontrer les leurs environ trois fois par semaine. Depuis des années, ceux-ci venaient régulièrement leur apporter à manger. Mais "si l'État subvient à tous les besoins de ses prisonniers, cela pourra libérer la population qui aura le temps de travailler", espère un activiste des droits de l'homme de Kigali. Car, paradoxalement, "les vivres, surtout le haricot, principale composante de la nourriture des détenus, manquent de plus en plus, car bon nombre de gens passent beaucoup de temps à visiter les leurs en prison. Il est temps de produire plus afin que les fournisseurs puissent trouver où s'approvisionner", affirme un agent du ministère de la Sécurité.
Désormais les prisonniers n'ont plus droit qu'à une visite familiale de 10 à 20 minutes toutes les deux semaines. Les condamnés pour crime, qui seront tous regroupés à Mpanga, Sud, pourront voir leurs proches une fois par mois. Les visiteurs ne doivent rien apporter à manger. Seuls les malades attestés par le médecin de l'État peuvent recevoir des provisions adaptées à leur cas.
La nouvelle mesure interdit aussi les contacts familiaux à tous ceux qui sont condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité et détenus en isolement. "Couper tout lien familial à un prisonnier est inacceptable. C'est un traitement inhumain, dégradant, aboli par les droits de l'homme. Un détenu ne peut pas être sanctionné par la suppression du droit de visite, sauf quand il est dans le cachot à la suite d'une sanction disciplinaire de courte durée", note un militant des droits humains. Le rapport du Sénat rappelle que les visites familiales constituent l'un des droits fondamentaux des prisonniers. Un avocat d'un condamné, lui, clame que même "les détenus du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), condamnés ou pas, sont autorisés depuis mai dernier à recevoir des visites conjugales".

Inquiétudes
Pourquoi supprimer ces visites subitement alors que le budget global des prisons tend à diminuer et que les Gacaca continuent d'engorger les centres pénitentiaires, s'interrogent certains. De mars 2006 à juin 2007, à la suite de ces procès, le nombre de prisonniers a augmenté de 30 %, relève la commission sénatoriale. Le record étant battu par Butare qui envoyait en prison 700 personnes chaque mois.
La Ligue rwandaise pour la promotion et la défense des droits de l’homme (Liprodhor), dans son rapport de monitoring des prisons du premier trimestre de 2008, rappelle aussi qu'en mars-avril 2007, les autorités pénitentiaires ont invité les familles à apporter davantage à manger aux prisonniers, car la nourriture manquait alors que la population carcérale ne cessait d'augmenter. Un responsable d'une prison s'inquiète : "Il arrive que nos fournisseurs fassent défection ou manquent de provisions en raison de pénuries."
Le budget alloué à l'entretien et l'alimentation de chaque détenu est de 22 940 Frw (42 $) pour cette année.

 

 

 

 


 

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