Rwanda : une libération mal placéeKigali organise, le 4 Juillet, « la fête de la libération ». Cet événement est une tentative maladroite du pouvoir de relier la conquête sanglante de ce pouvoir et les crimes abominables sur lesquels il est assis et pour lesquels il est poursuivi par les justices européennes. |
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La dictature de Kigali organise, le 4 Juillet, « la fête de la libération ». Cet événement est, hélas, une tentative maladroite du pouvoir de relier la conquête sanglante de ce pouvoir et les crimes abominables sur lesquels il est assis et pour lesquels il est poursuivi par les justices européennes. De manière éhontée et amorale, la dictature exploite, sur plan politique, judiciaire et diplomatique les crimes à sa charge et les crimes à charge des anciens dirigeants hutus. Car après des mois de deuil, ce pouvoir enchaîne avec la fièvre de belles parades .Tout cela n’a pas l’heur de bien plaire à tout le monde : victimes et bourreaux. Excepté les héros d’une marche de libération mal placée! En outre, l’événement démontre que les autorités sont passées complètement à côté de l’humeur du public. Surtout quand on sait que la majorité de Rwandais étaient très sceptiques à l’égard d’une guerre d’agression que des inconscients politiques et à la naïveté coupable ont vite conduit dans les tranchées d’une guerre civile. Car ce que ces Rwandais voulaient et veulent encore, ce sont des réponses à des questions difficiles et qui fâchent. Pas de belles parades ! Il est tout à fait normal et légitime qu’un pouvoir célèbre ses prouesses militaires et organise une cérémonie à la mémoire des héros tombés sur le Champs de Mars et des victimes civiles d’une « guerre de libération ». Il est parfaitement légitime de rendre hommage aux sacrifices consentis par les soldats ou plus prosaïquement, par les « maquisards » ou les « guérilleros ». Ce qui est gênant et troublant dans tout cela, en revanche, c’est que la dictature de Paul Kagamé mélange les genres. D’ une part, il y a une nécrologie qui endeuille et accable tout un pays qui roule sous les bottes d’une armée accusée de crimes contre l’humanité et, d’ autre part, une politique d’ exclusion incapable de réconcilier le Rwanda avec lui-même. Un Peuple qui ne se retrouve pas dans la douleur, peut-il se sentir convivial autour de la fête anniversaire de sa libération ? La cérémonie a, apparemment, pour but d’inscrire ce lien spécieux dans l’imaginaire des Rwandais Sur cette libération qui n’est qu’un gâchis total humain, le message est unique. Il est chauvin. Il est particulièrement déplacé dans le cadre d’ une cérémonie nationale du souvenir. Le Front Patriotique Rwandais et ses alliés ont entraîné le Rwanda dans une guerre en brandissant de faux arguments qui ont sans cesse changé et dont l’absence de fondements a été suffisamment démontrée. On a donc ce sentiment que le projet subtil des anciens guérilleros devenus des hommes et femmes politiques et d’Etat, qui mêle deuil et festivités avec un message trompeur, a été conçu par des conseillers un peu trop malins et malfaisants. En organisant ce genre de festivités, les autorités donnent l’impression que le régime n’est pas d’ humeur aussi grave que l’opinion publique. Il faut surveiller ce qui se passe à Kigali. Car si, à travers les liesses populaires, les crimes, instrument du pouvoir, se banalisent, la dictature continuera à évoluer dans un sens négatif vers une tyrannie encore beaucoup plus chauviniste. C’est une chose qu’il fait craindre, mais qu’on observe déjà. La dictature est trop fière d’avoir honte de ses victoires. Et face à la « fête de la libération », le peuple doit être gêné aux entournures. Alphonse Bazigira
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Aloysie Inyumba, la ministre du Genre et de la promotion de la famille, a remporté le Prix "Amelia Earhart", du nom de la première femme à voler en solo à travers l'océan Atlantique. Inyumba est récompensée en reconnaissance de son courage politique et de sa détermination à promouvoir la paix dans son pays. Elle recevra ce prix avec deux autres femmes : Virisila Buadromo de Fidji et de Chi Yvonne Leina du Cameroun.