Rwanda : Reconstruire |
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La République n’est pas en péril mortel, parce « les élections démocratiques » de 2003 ont légitimé un pouvoir d’un ex-.guérillero, un certain Paul Kagamé incapable de se transformer en démocrate. Mais la Nation Rwandaise est malade. Et ce gravement ! La Nation a, contre son gré, légitimé le droit du plus fort qui l’écrase. Parce que le front des démocrates, ayant cru que d’ une part, l’usage de la force pouvait installer le droit contre un Peuple qui croyait que seul le droit pouvait lui éloigner la tyrannie, s’est fissuré pour courir, en autistes politiques, derrière les postes de pouvoir. Mais qu’on se le dise ! La Nation Rwandaise a été toujours fragile. Dans ce Rwanda millénaire, à la différence de bien d’autres pays, c’est l’Etat, monarchique puis républicain, qui l’a modelée, consolidée et maintenue et l’a, enfin, écrasée. Si bien que, aujourd’hui, les citoyens détestent á la fois l’Etat et lui demandent secours et privilèges. Si bien qu’ils oublient que la guerre a détruit « l’Etat providence » et surtout qu’ils sont citoyens. Pour des millions d’entre eux, le silence est d’or. Sans doute faut-il voir dans ce mutisme profond, de surcroît inquiétant, face au droit du plus fort, un art consommé de la communication populaire. En effet, qui ne parle pas ne s’use pas. Le peuple ne court aucun danger. Mais, attention aux amalgames ! Selon un adage, « qui ne dit mot consent ». Le silence serait-il utilisé pour exprimer l’humeur détestable du moment ? C’est aussi un civisme qui se manifeste souvent à l’occasion d’un scrutin secret dans lequel chacun fait parler sa conscience politique .Personne n’a le droit de savoir qui vote qui. Mais la raison est ailleurs. Aujourd’hui, le corps social s’est désagrégé en ghettos ethniques dans un Rwanda où les ethnies sont un tabou, mais défendent leurs territoires. Parce que les unes et les autres jugent leurs revendications légitimes et parfois font fi de la loi qui opprime les uns et privilégie les autres. Parce que toutes sont avides de reconnaissance et de considérations, elles négligent les autres sans grand souci de la réconciliation et de la cohésion nationales. C’est ainsi qu’un pays libéré d’une certaine « dictature du nombre » s’est transformé en jungle et pour glisser vers la tyrannie. Au lendemain de ce sanglant choc politico-idéologique, il y a une évidence : la mort annoncée de la République n’a pas eu lieu. La « République du Rwanda » n’est pas certes, « la première ou la deuxième république rwandaise ». Seulement, il faut remettre l’Etat à sa place afin que tous les citoyens, sans exclusive, puissent lui demander secours et privilèges. Mais il faut, au préalable, reconstruire la démocratie. Il faut, avec patience et courage, réapprendre à vivre ensemble. En bref, reconstruire la Nation.
Alphonse Bazigira
Catégories Témoignages, ibuka bose
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Aloysie Inyumba, la ministre du Genre et de la promotion de la famille, a remporté le Prix "Amelia Earhart", du nom de la première femme à voler en solo à travers l'océan Atlantique. Inyumba est récompensée en reconnaissance de son courage politique et de sa détermination à promouvoir la paix dans son pays. Elle recevra ce prix avec deux autres femmes : Virisila Buadromo de Fidji et de Chi Yvonne Leina du Cameroun.