Dans le Rwanda ancien, il y avait tout un éventail de produits de beauté.  L’usage des parfums (imibavu) et des laits corporels (amadahano ou imbiribiri) était d’usage courant dans l’ancien Rwanda. Leur préparation (ukudaha) était l’affaire des spécialistes et requérait beaucoup de patience. Les crèmes de beauté parfumées étaient fabriquées à partir des plantes aromatiques pilées... Lire la suite

Rwanda : la nécessité des négociations avec les FDRL

Il y a, parmi les membres de la communauté internationale, ceux qui pensent que pour faire la paix dans la région des Grands Lacs, le Rwanda doit négocier avec les FDRL.

Ignace Murwanashyaka, président des FDRL-Allemagne

Réagissant aux déclarations du ministre des affaires étrangères belge, Karel de Gucht, demandant au Gouvernement rwandais de nouer des négociations avec les Forces de Libération du Rwanda (FDRL) présentes sur le sol de la République Démocratique du Congo (RDC), la nouvelle ministre des Affaires Etrangères du Rwanda, Rosemary Museminali, a qualifié cette idée de « scandaleuse », que son gouvernement ne peut pas négocier avec des « forces génocidaires ».

Cette prise de position du ministre Karel De Gucht dérange Kigali, mais ce qu’il a dit est sage et toute analyse de la situation dans les pays des Grands Lacs africains en général et au Rwanda en particulier montre que ces négociations sont indispensables si on veut éviter d’autres catastrophes dans la région.

Grâce à l’entremise des pays amis la RDC a accepté le brassage de ses soldats avec les hommes de différentes rébellions, dont ceux de Laurent Nkunda pourtant un officier rwandais il y a quelques années. Sur le même registre, les mouvements burundais ont signé des accords, fragiles certes, mais le processus de paix tient la route. Seul le Rwanda fait la dure tête. Il continue de s’enfermer dans une vision qui veut faire de tout opposant politique un « génocidaire ».

Pourtant, bon nombre d’observateurs estiment que les FDRL sont composées de combattants dont certains étaient des bambins en 1994. Ils ont vu leurs parents massacrés par le les militaires du FPR dans les attaques des camps des réfugiés hutu de l’ex-Zaïre en 1996-1997. Ce discours intimidant de désigner cette génération comme des « forces génocidaires » ne les touche nullement. S’il y a des ‘‘génocidaires’’ dans les rangs des FDRL, seules des contacts noués peuvent permettre de séparer le bon grain de l’ivraie. Par ailleurs pourquoi se refuser aujourd’hui ce que le Gouvernement rwandais avait déjà entamé avec succès ? N’a-t-il pas, grâce aux négociations secrètes, convaincu le Général Rwarakabije, chef suprême des FDRL, et une centaine de ses lieutenants, de déposer les armes et de revenir au bercail. Le Rwanda ne devrait pas casser cette dynamique qui a déjà produit ses effets. Refuser toute médiation proposée par des pays amis entre le FPR et les FDRL, c’est hypothéquer lourdement l’avenir du pays.

En effet une analyse sommaire montre que les horizons du Rwanda sont sombres.

A l’intérieur du pays, la situation est explosive dans un proche avenir. La politique du FPR visant à criminaliser toute une partie de sa population est une bombe à retardement. Bon nombre d’adultes ont été mis en prison pour génocide souvent sur simple délation. Près d’un million de personnes ont été condamnées. Après cela, les idéologues du FPR ont trouvé une autre arme pour se débarrasser de ceux qui sont passés par les mailles du filet. Il s’agit de l’ « idéologie génocidaire ». Ce phénomène sème la terreur parmi la population. Des gens ont une peur permanente. Ils se terrent et se taisent pour ne pas tomber sous le coup des balles cette de ‘‘arme de destruction massive’’. Mais là où la situation se complique encore, c’est que cette politique criminelle vise aussi la jeunesse. De jeunes élèves et étudiants hutu sont chassés des écoles car soi-disant porteurs d’une « idéologie génocidaire ». Cette façon imparable de leur barrer l’accès aux études ne passe pas inaperçue. Ces jeunes, par cet ostracisme injustifié à leur égard, prennent conscience de l’injustice qui leur est faite. Après les écoles secondaires, l’Université Nationale du Rwanda a été visée elle aussi et l’hebdomadaire gouvernemental Imvaho 14 au 16 avril 2008 ne s’est pas empêché de titrer que cette institution constituait « un creuset du génocide ». Tout compte fait, le phénomène ne peut que produire une bipolarisation dans la jeunesse rwandaise : les jeunes Tutsi sont instruits que leurs collègues Hutu leur en veulent par cette idéologie génocidaire. Les idéologues du FPR mesurent-ils le danger et la gravité de leur ‘‘invention’’ pour l’avenir du pays ?

Sur les collines, il y a une misère criante. La faim et la maladie sont le lot quotidien des paysans. Des observateurs avisés pointent du doigt la volonté du FPR de réduire une partie de la population par la faim et la maladie. Dans ce cadre, l’Etat a mis en place des mécanismes qui font que la masse paysanne évolue en dehors de l’économie monétisée. Ainsi par exemple, le paysan n’a pas la latitude de vendre sa production à qui il veut et au prix du marché. Il doit passer par un commerçant, membre du FPR, choisi dans la région. La famine est également aggravée par la spoliation des terres aux paysans. Cette situation n’augure rien de bon pour l’avenir pays.

Le vocable « génocidaire » est employé abusivement par certains dirigeants rwandais. Ils y recourent chaque fois à court d’arguments probants. Aussi a-t-il servi à Rosemary Museminali à facilement écarter l’idée soutenable du ministre De Gucht.

Gaspard Musabyimana,
Le 5/05/2008

 

 


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