Dans le Rwanda ancien, il y avait tout un éventail de produits de beauté.  L’usage des parfums (imibavu) et des laits corporels (amadahano ou imbiribiri) était d’usage courant dans l’ancien Rwanda. Leur préparation (ukudaha) était l’affaire des spécialistes et requérait beaucoup de patience. Les crèmes de beauté parfumées étaient fabriquées à partir des plantes aromatiques pilées... Lire la suite

Rwanda : la dictature en compensation du ''génocide''?

Depuis sa prise de pouvoir en 1994, le FPR a imposé une dictature sur le Rwanda. Il justifie cet état de choses par le fait qu'il aurait ''arrêté le génocide''.

Kagame, Kayonga, Kabarebe, Karake, Gumisiliza

Depuis 1994, le peuple rwandais croupit sous une dictature implacable instaurée par un groupe de Tutsi venus d’Ouganda. Après la conquête militaire du Rwanda en juillet 1994, les conquérants, regroupés dans une organisation politico-militaire dénommée « Front Patriotique Rwandais » et sous la houlette d’un ancien officier de l’armée régulière ougandaise Paul Kagame, instaurent un régime de terreur pour lequel toutes les autres composantes de la société rwandaise doivent subir la domination du groupe venu d’Ouganda.

Ainsi les leviers de tous les pouvoirs (politique, militaire, judiciaire, économique, …) sont tenus pars les Tutsi venus d’Ouganda. Dans certains domaines, la domination de ce groupe est même caricaturale. Dans les corps des officiers de l’armée et de la police et dans lesquels, à part quelques « trophées » destinées à la consommation externe, on ne retrouve que des Tutsi venus d’Ouganda.

Pour consolider sa mainmise sur le Rwanda, le FPR s’attèle chaque jour à verrouiller toute issue d’où pourrait percer un semblant de liberté.

- La Constitution est taillée sur mesure de façon qu’elle ressemble plus à un code pénal qu’à une loi fondamentale. Ainsi, les autres partis politiques sont appelés à adhérer au parti unique (FPR) sous une forme déguisée appelée « Forum des partis ». Ils ne sont donc que des courants au sein du FPR.

- Les véritables opposants sont jetés en prison ou obligés de s’exiler. D’où la prolifération des partis politiques à l’extérieur qui, hélas, n’ont pas d’impact au Rwanda même.

- La presse est bâillonnée et les lois liberticides sont spontanément promulguées chaque fois qu'une brèche est découverte dans la grande muraille qui enserre les libertés individuelles (loi autorisant les écoutes téléphoniques et l’interception des messages internet, récemment mise en place).

- Les prisons sont bondées et la plupart des détenus sont en détention préventive depuis 15 ans.

Cette situation catastrophique est vécue par le peuple rwandais au vu et au su de la ''communauté internationale'', celle-là même qui en d’autres circonstances est prompte à dénoncer de telles pratiques.

Il semble que le subterfuge qu’a trouvé le FPR quand il s’est emparé du pouvoir en 1994 pour justifier et pérenniser sa dictature ait très bien fonctionné. Les Tutsi venus d’Ouganda se vantent en effet d’avoir ''arrête le génocide'' et qu’à ce titre, ils ont acquis le droit de vie et de mort sur le reste des Rwandais.

Pourtant, ni le fait d’avoir ''arrêté le génocide'', ni le droit de dominer le reste des Rwandais, ne devraient être pris comme évidents. En lançant son attaque à partir de l’Ouganda le 1 octobre 1990, le FPR a agressé un pays pacifique et a mené une guerre de conquête qui a duré quatre ans et qui a fait des milliers de morts et des millions de déplacés. Tout au long de leur conquête, les Tutsi venus d’Ouganda ne se sont pas souciés du sort des Tutsi vivant au Rwanda et n’ont même pas hésité à les massacrer quand cela pouvait servir pour leur propagande. Le même FPR a intentionnellement déclenché les massacres interethniques le 6 avril 1994 en abattant l’avion du président Juvénal Habyarimana.

Après avoir mis le pays à feu et à sang pendant trois mois, refusant tout compromis et tout cessez-le-feu, le groupe de Tutsi venus d’Ouganda s’est emparé du pouvoir en juillet 1994. Son coup de génie fut de ne pas chanter qu’il venait de « prendre le pouvoir » mais qu’il venait d’ ''arrêter le génocide''.

Incroyable mais vrai, cette supercherie marche et le FPR surfe sur cette vague d’amnésie générale qui frappe l’opinion internationale depuis 15 ans. C’est ainsi que le groupe de Tutsi venus d’Ouganda a reçu comme une sorte de chèques en blanc dès sa prise de pouvoir en 1994 au Rwanda pour faire ce qu’il veut et le présenter comme il l’entend. Ainsi, les assassinats auxquels se livrent ses agents sont présentés comme le résultat de la guerre contre les ''génocidaires''. Les violations massives des droits de l’Homme sont présentées comme des actes légitimes pour se prémunir d’un éventuel ''génocide'' à venir.

Sous le régime du FPR, aucune opposition ne peut exister. L’opposition politique est systématiquement taxée de véhiculer ''l’idéologie du génocide'' tandis que l’opposition extérieure armée est directement désignée comme ''génocidaire''.

Ce jeu dure depuis 15 ans et semble avoir réussi à la clique des Tutsi venant d’Ouganda qui l’ont imaginé et mis en pratique lors de leur conquête du Rwanda. Le « leitmotiv » de cette clique qui règne sur le Rwanda est le suivant : « Mon groupe ethnique a été victime du génocide. Donc je dois régner sans partage dans ce pays et dominer tous les autres groupes sociaux en guise de compensation (impozamarira) » !

Dans cette logique, pour la clique au pouvoir à Kigali, les Juifs devraient avoir pris le pouvoir en Allemagne en 1945 et faire payer au reste de la population allemande par une domination de la composante juive de sa population en guise de réparation pour la Shoah. Tout comme les Arméniens devraient avoir pris le pouvoir à Ankara pour faire payer à jamais tout le reste des habitants de la Turquie le génocide arménien de 1915.

Pourtant, au Rwanda, telle a été la règle et elle est rigoureusement appliquée. La domination de ceux qui clament ''avoir arrêté le génocide'' sur le reste de la population est en passe de devenir un droit naturel.

Quant à nous, nous pensons qu’aucun crime ne peut exonérer d’autres crimes même ceux commis dans l’intention de venger le premier. Le peuple rwandais, comme tous les autres peuples, a droit à la liberté et à la démocratie quand bien même un génocide se serait commis en son sein.

Emmanuel Neretse
Bruxelles, le 30 mars 2009.

 

 


 

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Commentaires / réactions

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Neretse Emmanuel from Bruxelles-Belgique (Thursday, 02-04-09 15:40)

Merci M.Rwembe Charlie pour votre remarque pertinente.Jusqu'à présent le site de Gaspard Musabyimana sur lequel je publie mes analyses utilise le français. mais il n'y a aucune contrainte ni technique ni morale qui empêcherait que certains articles ne soient publiés aussi en anglais. Nous en reparlerons avec le propriétaire du site.Salutations amicales.
Emmanuel Neretse.

 

rwembe charlie (Tuesday, 31-03-09 12:03)

Je deplore que vos analyses ne sont pas disponibles en anglais qui est la langue la plus lue au monde et qui est aussi la langue que comprennent la plupart des decideurs mondiaux. Faites un effort de publier vos analyses en anglais.
RC

 

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