Produire rwandais, pour pouvoir sauvegarder le pouvoir d’achat des travailleurs!L'agriculture, qui occupe 80% de la population, est le parent pauvre de l'économie rwandaise. Le pays s'est lancé plutôt dans une économie superficielle des technologies de l'information. |
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Les Rwandais savent-ils travailler comme il sied à tous les peuples du monde? Sont-ils pris en otage par des politiciens qui ne pensent qu’à se tailler la part du lion de leur misère de production ? Ont-ils des bases structurelles légales qui les incitent à rationaliser leurs énergies de travail ? Des réponses à ces questions et beaucoup d’autres permettent de voir que seuls les citoyens rwandais pourraient comprendre comment ils perdent au quotidien leur pouvoir d’achat et, partant, vivent des discours creux d’un régime qui pratique plus la politique extérieure de l’économie au lieu de penser à canaliser les forces vives de la nation à exploiter leur environnement immédiat en promouvant la créativité nationale. Nous allons voir tout ceci en étudiant les chaînons qui manquent pour que les citoyens rwandais libèrent leurs énergies productrices et participent avec esprit compétitif dans le monde du travail producteur de biens économiques dont ils ont besoin et qu’ils peuvent proposer au marché mondial. Le discours officiel actuel rwandais étonne par sa façon pédagogique de vouloir bouster la production nationale. Tenez ! Lors du dernier Sommet du Commonwealth de Kampala/Uganda Président KAGAME a déclaré haut et fort que le Rwanda accueillera à bras ouverts la main d’œuvre ressortissant des pays de l’East African Community ; qu’il lui dispensera de ces tracasseries de permis de travail. Est-ce une mauvaise chose. Non ! Loin de là. Mais quand il le fait, cela suppose qu’il ne protège pas la main d’œuvre nationale par le fait qu’elle n’est pas skillée au pluriel. Une façon de dire qu’elle n’est pas formée professionnellement autant que l’exige le monde actuel de l’industrie de manufacture et de celle des services. Concevoir une politique de développement économique qui saute les étapes, privilégiant le secteur des services qui doit remorquer le secteur primaire (agriculture et élevage intensifs, agroforesterie, pisciculture, le travail des mines et carrières) puis le secondaire (industries) ; tout en étant une erreur historique grave, favorise les maîtres financiers possesseurs du capital de l’actuel Rwanda car ceux-ci vont emprunter une voie très simple et engrangeant de profits confortables dans le domaine de l’import-export, des services (hôtellerie et tourisme, transports, constructions, ICT…). Ceci crée une économie superficielle bâtie sur des structures sans socle inattaquable où la forte dépendance à l’économie mondiale amène son lot de conséquences néfastes (...). De par cette politique qui favorise des investissements énormes dans le secteur des services, nous assistons à travers la passation des marchés publics, à une guerre de fournisseurs des services qui se plaignent de la soi disant opacité dans l’octroi de ces marchés que tout possesseur de capital est à même de prester surtout que cela ne nécessite aucune aptitude particulière si ce n’est de se conformer aux termes des contrats (quantité de marchandises ou de services, timing). Une autre conséquence, alors là, très néfaste est le découragement du possesseur de capitaux rwandais à investir dans le secteur industriel qui génère des profits à long terme et qui demande une organisation très subtile avec des tracasseries administratives (permis d’exploitations, commissions de l’Environnement, Bureau de Standardisation, dépôts à la Caisse Sociale et assurances pour ses employés et ouvriers et d’impôts divers). Et puis, le possesseur de capitaux rwandais ne peut se faire à la raison selon laquelle l’entreprise qu’il fonde est une personne morale qui lui échappe et devient un bien public ; que par conséquent, il doit comprendre que dorénavant le capital de son entreprise est composé de ses fonds propres et de la main d’oeuvre. Or cette main d’oeuvre est composée d’employés et d’ouvriers professionnels qui ont une participation active dans la création de la richesse nationale. Pour qu’il y ait un climat de production propice à l’épanouissement des forces de production des employés et ouvriers de telle entreprise, il faut que le statut leur accordé par le patron de cette entreprise soit légalement circonscrit et que ceux-ci aient droit à s’exprimer dans leurs forum que sont les syndicats d’entreprise sans que cela leur porte préjudice. Or que constatons-nous actuellement ? Des caresses étant faites en surnombre aux investisseurs tant étrangers que nationaux, le régime actuel se tait presque quant à la promotion des lois et des mécanismes protégeant les intérêts des employés. Aussi la CESTRAR/centrale Syndicale des Travailleurs du Rwanda suggère-t-elle dans le cadre de l’amendement du code du travail en cours qu’ « il faut prévoir une disposition légale pouvant provoquer la naissance d’une convention collective (…) Afin de pouvoir parvenir à une Convention collective, nous suggérons de créer une institution permanente de négociation entre les organes concernés auxquels il faut joindre les représentants du ministère ayant le travail dans ses attributions visés à l’art. 112 du Code du Travail. Il s’agit concrètement de la création par un arrêté ministériel d’un cadre tripartite de dialogue social entre ces trois organes.» Rien n’y fait ! Les pouvoirs publics sont plutôt intéressés de montrer les fastes du capitalisme et s’activent dans la création du marché de la bourse des valeurs à Kigali, en créant des lois ordonnant l’érection des cours de commerce et jamais de tribunaux du travail. Des structures permettant l’épanouissement des travailleurs comme le Conseil National du Travail ou le Conseil Economique et Social sont de nature à faire examen du pouvoir d’achat des travailleurs et à peser dans les négociations avec le patronat rwandais pour plus de justice aux travailleurs et pour un traitement pécuniaire, matériel, moral et un climat de travail épanouissant. On y pense avec réserve. L’idée s’étire dans les centres de décisions autorisés. Voient-ils en ces organes, des instruments qui contrecarreraient la voracité des patrons d’entreprises qui tiennent à tout prendre et ne rien donner à leurs employés ? Ces deux organes, appuyés par des unités de monitoring de la vie socio économique des travailleurs seraient une arme de frappe qui apaiserait les rancœurs des uns et la volonté des investisseurs d’embrasser des opportunités à haut rendement de production des biens et donc de création d’emplois. En conséquence, un peuple travailleur peut-il tremper dans des idéologies divisionnistes ethniques ou régionalistes telles que nous les voyons de nos jours ? La Direction [Éditorial de "La revue hebdomadaire de la presse rwandaise" LES POINTS FOCAUX N°317 Semaine du 12 au 18 février 2008]
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