Dans le Rwanda ancien, il y avait tout un éventail de produits de beauté.  L’usage des parfums (imibavu) et des laits corporels (amadahano ou imbiribiri) était d’usage courant dans l’ancien Rwanda. Leur préparation (ukudaha) était l’affaire des spécialistes et requérait beaucoup de patience. Les crèmes de beauté parfumées étaient fabriquées à partir des plantes aromatiques pilées... Lire la suite

Pourquoi Tony Blair ne devrait pas devenir le premier président de l'Union Européenne

Hervé Cheuzeville est d'avis que Tony Blair ne devrait pas devenir le premier président de l'Union Européenne. Ses accointances avec le dictateur Paul Kagame en sont une des raisons évoquées par ce connaisseur* de la région des Grands Lacs.

Tony Blair et Paul kagame

Après le vote positif des Irlandais lors du référendum et la récente ratification par le président polonais, on n'attend plus que la signature de l'imprévisible président tchèque pour que le traité de Lisbonne soit enfin adopté par l'Union Européenne afin qu'il puisse entrer en application.
Ce traité prévoit, entre autres, la désignation d'un président du conseil de l'Union Européenne. Plusieurs noms de candidats officieux circulent depuis longtemps déjà pour occuper cette nouvelle fonction, à la fois prestigieuse et importante. Le nom qui revient avec le plus d'insistance est celui de Tony Blair, premier ministre britannique de 1997 à 2007.
Il me semble pourtant que le poste suprême de l'Union Européenne devrait revenir à une personnalité européenne incontestable et incontestée, capable de faire de cet assemblage disparate de 27 États un véritable ensemble, et de faire entendre une voix unique sur la scène internationale, en affirmant une personnalité européenne forte, distincte de celle des États-Unis d'Amérique et surtout prise au sérieux par les puissance émergentes.
L'Europe ne manque pas d'hommes ou de femmes de grande stature internationale qui pourraient certainement contribuer à affirmer la capacité de l'Union à être une puissance reconnue. De Jean-Claude Juncker, actuel chef du gouvernement du Grand-Duché du Luxembourg, à Mary Robinson, l'ancienne présidente de la République d'Irlande, de Felipe Gonzales, l'ancien président du gouvernement espagnol, à Martti Ahtisaari, l'ancien président finlandais et Prix Nobel de la Paix 2008, ce ne sont pas les candidats de grande valeur qui manquent. N'eut été sa santé précaire, l'ancien président tchèque Vaclav Havel aurait fait un remarquable candidat. Pourquoi, alors, est-ce le nom de l'ancien premier ministre britannique qui revient le plus souvent?

L'intelligence, le charisme et les talents oratoires de Tony Blair sont indéniables. Mais en tant que chef du gouvernement du Royaume-Uni pendant dix années, il ne semble pas avoir vraiment contribué à la cause de l'Europe: il n'a pas su, ou pas pu, faire adopter l'euro par son pays et son gouvernement n'a pas signé les accords de Schengen. Malgré ses discours pro-européens, Tony Blair n'a pas radicalement changé le statut « à part » du Royaume-Uni au sein de l'Union Européenne. Et surtout, à partir du 11 septembre 2001, il a encore davantage aligné sa politique étrangère sur celle de George W. Bush, avec les conséquence néfastes qu'elle a pu avoir, tant pour son pays que pour le monde. L'armée britannique a participé à l'invasion de l'Irak, aux côtés de celle des États-unis. Afin de légitimer l'attaque contre l'Irak, il n'a pas hésité, dans un discours au Parlement britannique, à relayer les mensonges de l'administration Bush sur les supposées armes de destruction massive de Saddam Hussein. Rappelons que Nelson Mandela avait même qualifié Tony Blair de « ministre des affaires étrangères » de George W. Bush, tandis que d'autres, sans doute plus méchants, l'avaient surnommé le « caniche » du président étasunien.
Par ailleurs, sous la direction de Tony Blair et toujours en accord avec les États-Unis, le Royaume-Uni a mené une politique désastreuse en Afrique centrale, en soutenant, y compris militairement, le régime de Paul Kagame au Rwanda, facilitant ainsi la déstabilisation, par ce dernier, de la République Démocratique du Congo ex-Zaïre. Ce conflit du Congo est celui qui a fait le plus de victimes depuis la Seconde Guerre Mondiale. Le soutien anglo-américain au dictateur de Kigali n'a fait que le prolonger.
Il est d'ailleurs significatif qu'après avoir quitté le pouvoir, Tony Blair ait accepté un poste de conseiller spécial « volontaire » du président Kagame. En affichant ainsi son parti pris pour ce dernier, l'ancien premier ministre fermait aussi les yeux sur les violations massives des droits de l'Homme commises par le général-président, tant avant son arrivée au pouvoir que depuis, tant au Rwanda qu'en RDC. Ce faisant, Tony Blair a donc apporté sa caution morale à Paul Kagame.
Ce soutien sans faille à l'homme fort de Kigali peut d'ailleurs prêter à sourire lorsqu'on le compare à l'acharnement dont il a fait preuve à l'égard d'un autre chef d'État africain. Premier ministre britannique, Tony Blair à adopté une position extrême à l'égard de Robert Mugabe, le président zimbabwéen. Il d'ailleurs usé de son influence pour que l'Union Européenne adopte des sanctions à l'encontre du Zimbabwe. Or, Mugabe a fait couler beaucoup moins de sang que Kagame. Mais ce dernier, pour sa part, n'a jamais exproprié de fermiers d'origine anglaise...
Tony Blair a également été nommé « émissaire » du « Quartet » pour le Proche Orient. Le Quartet est un organisme informel qui rassemble l'Union Européenne, les États-Unis, la Russie et l'ONU et qui est censé faire avancer le dossier du conflit israélo-palestinien. Depuis sa nomination, on n'a guère vu l'ancien premier ministre à Jérusalem et à Ramallah, et la fameuse « feuille de route » ne semble pas encore avoir été mise au point. Même s'il n'a pas eu davantage de résultats, le nouvel envoyé spécial du président Obama semble pourtant être beaucoup plus actif que Tony Blair dans ce dossier.
Pour toutes ces raisons, il me semble que Tony Blair n'a ni les qualités ni surtout la capacité pour diriger l'Union Européenne et pour incarner cette dernière dans le monde. Il est regrettable que la France, par la voix de son ministre des affaires étrangères Kouchner, continue à apporter un soutien appuyé à sa candidature. Il est vrai que les convictions atlantistes de ce dernier, ainsi que son amitié pour le dictateur rwandais, ne pouvaient que les rapprocher.
© Hervé Cheuzeville
(13.10.09)

 

*Hervé Cheuzeville est notamment l'auteur de : Kadogo, Enfants des guerres d'Afrique centrale - Soudan, Ouganda, Rwanda, Congo,  Editions L'Harmattan, 2003.

 

 


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Commentaires / réactions

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rigoulou (Thursday, 19-11-09 15:01)

je trouve la presse anglaise tres merdique au sujet du premier ministre belge favori a la présidence européenne,de plus il ne sont pas UE a100%vu qu'il n'accepte pas l'Euro sauf sous forme de subsides et qu'il ont un blair homme de guerre comme son ami bush ils ont tout les deux des morts sur leurs consciences si il en ont une que blair a une femme qui a était en facheuse position avec une autre femme la presse de sa majesté devrai peut-etre balayer devant leur porte

 

Joseph Thwala from Cape Town - RSA (Tuesday, 10-11-09 11:43)

Tony Blair is a well known killer and Satan secret agent. He was a big sponsor of mass killing for Hutu refugees in DRC when he payed a lot of tax payer's money to hunt where refugees women, children were hiding in the bushes. To the people of good behaviour and good judgement, he is not a kind of person to become a first European president. No wonder he is a counceller for Rwandese dictator! The have something in common which is the evil dream.

 

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