Massacre de Cyeya en comune RubavuLe Centre de Lutte contre l’Impunité et l’Injustice au Rwanda vient de recueillir des témoignages fiables sur l’assassinat de plus de 250 habitants de la Cellule CYEYA par l’Armée Patriotique Rwandaise (APR). |
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CENTRE DE LUTTE CONTRE L’IMPUNITE NOTE POUR INFORMATION
L’Armée Rwandaise a massacré plus de 250 habitants en une seule nuit et dans une seule Cellule, en commune RUBAVU.
Le Centre de Lutte contre l’Impunité et l’Injustice au Rwanda vient de recueillir des témoignages fiables sur l’assassinat de plus de 250 habitants de la Cellule CYEYA par l’Armée Patriotique Rwandaise (APR).
Parmi les habitants de la Cellule CYEYA, Secteur MUHIRA de la Commune RUBAVU en préfecture GISENYI., personne n’a pu échapper aux massacres qui y ont été perpétrés dans la nuit du 11 au 12 janvier 1998 entre 24h et 6h du matin. Sauf ceux qui n’y avaient pas passé la nuit. Le nombre des victimes reste provisoire étant donné que les massacres par l’APR se poursuivent encore dans les communes de Rubavu et Nyamyumba (en préfecture Gisenyi).
Dans la soirée du 11 au 12 Janvier entre 21h et 23h, avant d’aller massacrer les habitants de la cellule CYEYA, les soldats de l’APR stationnés au Camp militaire de Gisenyi se sont rendus d’abord dans le Secteur MUHIRA. Arrivés chez WENCESLAS surnommé KAMINUZA (42 ans) et son petit-frère Joseph TWAGIRAMUNGU (34 ans) ils les obligèrent à ouvrir la porte de leurs maisons. Ils leur ordonnèrent à s’agenouiller avant de les assassiner sur le champ à coup de fusil.
Dans la même nuit du 11 au 12 Janvier les soldats de l’APR ont assassiné, toujours dans le Secteur Muhira, Mr Jean VAN DENEF (les gens l’appelaient VANDINEFU), beau frère d’Emmanuel Burasanzwe, son épouse et ses 4 enfants.
Après les opérations criminelles des soldats de l’APR à Muhira qui ont eu lieu entre 21 et 23 heures, la Cellule de CYEYA fut encerclée par les mêmes soldats qui revenaient de Muhira. La Cellule CYEYA s’étend entre l’Ecole d’Art de Nyundo, la route menant à Kibuye, la rivière SEBEYA, et un profond ravin formé par l’ancien lit de la rivière Sebeya avant sa régulation au début des années soixante. Il n’y a que trois possibilités d’accès à la Cellule CYEYA: a) a partir de l’Ecole d’Art de Nyundo, le seul pont conduisant directement à Cyeya est situé vis-à-vis de l’Orphelinat de Nyundo, de l’autre côté de la route Ruhengeri-Gisenyi. Il s’agit d’un sentier qui va de l’école d’art et conduit au village de Cyeya. b) à partir de la route menant vers Kibuye, après le pont de la rivière Sebeya tout près de l’Usine à Thé de Pfunda. C’est le seul accès routier (route) conduisant au village de Cyeya. c) à partir des plantations de Thé du Diocèse de Nyundo, en direction de Kanyamatembe. Il s’agit ici d’un petit sentier qui aboutit dans la route des plantations de Thé, après la traversée du ruisseau GATEMBO.
Après que les soldats de l’APR aient bloqué toutes les voies d’accès à CYEYA (trois seulement), le carnage commença vers 24 heures et se poursuivit le 12 janvier jusque vers 6heures du matin. Personne parmi ceux qui y avaient passé la nuit n’a pu échapper à cet ignoble massacre. Même le petit et grand bétail fut abattu. Le Centre signale ici que toutes les personnes habitant à CYEYA étaient apparentés les unes aux autres. Toute personne qui, par malheur, est passée tôt le matin par la cellule CYEYA en allant par exemple travailler dans son champ a été tuée par ces militaires.
Seules quelques personnes, surtout originaires du Secteur RUGERERO, qui ayant suivi de près le déploiement des soldats dans le secteur voisin de MUHIRA la veille, avaient déjà commencé à fuir vers la ville proche de Gisenyi.
Les éléments de l’APR ont dû incendier deux taxis pour « simuler une attaque » et légitimer les massacres de ces habitants des secteurs MUHIRA et RUGERERO:
Alors que les soldats de l’APR, après avoir accompli leur sale besogne à CYEYA et à MUHIRA « se retiraient » vers leur camp par le Secteur RUGERERO, deux taxis minibus « prirent feu » à GITI (endroit appelé « ku Giti ») dans ce secteur sur la grand route Ruhengeri-Gisenyi. C’était le 12 janvier 1998 vers 7 heures du matin. Les soldats de l’APR étaient déjà à RUGERERO (30 à 45 minutes de marche à pied de Keya ou de Muhira). Les camions militaires de transport de troupes étaient déjà stationnés à la bifurcation de la route qui mène vers le marché de BIKORO (situé à 3 Km) dans le secteur Rugerero. Après que les taxis minibus aient pris feu, le Secteur RUGERERO (de Kabarora au Collège INYEMERAMIHIGO) fut complètement bouclé par l’APR. Toute personne encore présente dans cette zone ou quiconque a eu le malheur de s’y trouver fut assassinée à coup de fusil-mitrailleur et de mitraillette. Selon la même stratégie utilisée dans les massacres de CYEYA et du secteur MUHIRA, les soldats de l’APR ont fouillé maison par maison. Les soldats de l’APR n’ont épargné personne, qu’il soit vieux ou jeune, femme ou enfant.
C’est vers 13 heures que les soldats de l’APR atteignirent le domicile de Mr MIRASANO Emmanuel (57 ans) à RUGERERO. Celui-ci avait perdu la même nuit, sans qu’il l’ait encore appris (car personne ne pouvait circuler sans risquer sa tête), dans le carnage de CYEYA, sa tante maternelle MARGUERITE (69 ans) ainsi que son oncle JEAN (70 ans). Depuis Juillet 1994, Emmanuel MIRASANO ne fut probablement épargné que grâce à la protection de Paul BASOMISHULI, un de ses meilleurs amis et parent du Député et homme d’affaires Valens KAJEGUHAKWA, un des hommes forts du régime de Kigali. Cette fois-ci Mr Emmanuel MIRASANO ne devait pas échapper. En tant qu’ancien bourgmestre de la Commune RUBAVU entre 1976 et 1983, MIRASANO était encore très populaire et surtout très apprécié par la population de la commune RUBAVU.
Après cet « attentat sur les taxis minibus » et l’encerclement de cette zone, quelques voisins qui n’avaient pas pu fuir à temps s’étaient réfugiés à son domicile. Monsieur MIRASANO hebergeait aussi quelques orphelins de KINYANZOVU (Commune Rubavu) dont les parents avaient été assassinés lors des opérations de ratissage de l’APR dans cette région au mois d’Août 1997. Toutes les vieilles femmes, toutes les mamans avec leurs bébés qui avaient trouvé refuge chez lui ainsi que tous les enfants qu’il avait hebergés furent massacrés avec lui (environ 20 personnes).
Le 14 Janvier 1998 la vieille NTAMAKIRIRO Elisa (80 ans, on l’appelait YILIZA) reçu la visite de cinq soldats de l’APR. Après l’avoir obligée de se déshabiller devant son domicile en plein jour, ils lui tirèrent une balle dans la bouche, probablement parce qu’elle protestait en criant. Elisa habitait dans la cellule de Rusamaza, Secteur MUHIRA, derrière l’orphelinat de Nyundo.
Ce sont là les quelques rares témoignages ayant pu être transmis à partir du Rwanda, là où le contrôle et la censure sont exercés très étroitement par les services de renseignements militaires. Ce qui est certain, c’est que le nombre des victimes non répertoriées ici, est beaucoup plus élevé.
Voici la liste non exhaustive des habitants massacrés par l’APR dans la cellule CYEYA dans la nuit du 11 au 12 Janvier 1998:
1 - 2 : IGNACE (53 ans), son épouse THERESIE, ses fils MUHIRE Jean Damascène (26 ans), JANVIER (28 ans) THEOGENE (24 ans), KIGINGI (20 ans), PIERRE (Petero, 18 ans), EDOUARD (17 ans); sa fille NYIRAMUHA (22 ans); ses deux belles filles INNOCENTIA (25 ans) et MARIE (24 ans); ses quatre (4) petits-enfants âgés respectivement de 4, 3, 2 ans et 18 mois. Ignace habitait tout près de l’Ecole d’Art de Nyundo. Il a travaillé pendant plus de 30 ans à l’Economat Général du Diocèse de Nyundo. Son bétail fut aussi abattu. Personne de sa famille n’a pu échapper au carnage des soldats de l’Armée Patriotique Rwandaise (APR).
18-19 : Madeleine NYIRANGARUYE (60 ans) et sa fille MIDARI (40 ans). Madeleine Nyirangaruye est la soeur aînée de Mr IGNACE (tué: voir n°1-2) et habitait à 70 mètres du domicile de celui-ci.
20-26 : GIFUKA (45 ans), son épouse LAURENCE (42 ans) et ses cinq (5) enfants. La plus jeune fille était âgée de 12 mois. Gifuka est le cousin d’Ignace et habitait à 100 de chez lui.
27-34 : SINUMVAYO Dismas (68 ans), son épouse CECILE (65 ans); son fils encore célibataire VINCENT, ses cinq (5) filles non encore mariées: UWIMANA Dativa, UWAMAHORO Pélagie, MUKAMUHIRE Consolée, ILLUMINATA et BEATA. Comme mentioné antérieurement, CECILE, l’épouse de Dismas, est la soeur aînée de Mr BURASANZWE Emmanuel porté disparu depuis le 10 août 1997. Mr Dismas Sinumvayo était très apprécié par ses voisins et son entourage. En tant que Responsable de la Cellule CYEYA jusqu’en 1994, il recevait toujours la totalité des voix lors des élections sans aucune tentative de fraude. Du reste, Sinumvayo est le demi-frère d’IGNACE.
35-42 : VIANNEY (45 ans), son épouse FLORIDA et ses six (6) enfants. Vianney est le fils aîné de Mr Sinumvayo Dismas et Cécile. Il habitait dans la même circonscription que son père. Vianney était jusqu’en 1994 Encadreur Préfectoral de la Jeunesse respectivement dans les préfectures de Gisenyi et de Butare (d’où il a épousé sa femme).
43-51 : MIHIGO Alphonse (43 ans) son épouse MUREKATETE Philomène (39 ans) et ses sept (7) enfants. Les plus jeunes enfants, JULES, GERMAINE, MARIE-CLAIRE et DEVOTA étaient âgés respectivement de 8, 7, 5 et 4 ans. Mihigo Alphonse est également fils de Sinumvayo Dismas et Cécile. Après sa carrière d’enseignant à l’Ecole primaire de Kanama et à Sanzare, il fut longtemps Inspecteur du secteur scolaire de KANAMA. Il habitait, comme son grand-frère VIANNEY à 40 mètres du domicile de leur père Sinumvayo Dismas. Son épouse Murekatete Philomène était enseignante à l’Ecole primaire de Sanzare.
52-57 : RUTIKANGA Emmanuel (36 ans), son épouse MUJAWAYEZU Thérèse (34 ans) et ses quatre (4) enfants. Mr Rutikanga est également fils de Sinumvayo Dismas. Il fut Inspecteur de Police Judiciaire respectivement dans les Communes de MUTURA et de NYAMYUMBA. Son épouse était enseignante à l’Ecole primaire de Sanzare. Contrairement à ses frères aînés, Rutikanga n’habitait pas dans la même enceinte que son père, mais il résidait près du petit pont de la rivière SEBEYA, sur la seule rue conduisant de la route Kibuye-Gisenyi au village CYEYA.
58-69 : BATIRAMIRA (65 ans) et son épouse (60 ans), leurs deux fils mariés, leurs deux belles-soeurs, six (6) petits-enfants (abuzukuru). Mr Batiramira est le petit-frère de Sinumvayo Dismas et habitait à 70 mètres du domicile de son grand-frère. Un de ses fils faisait du commerce des habits usagés (fripperie) et était parvenu à se procurer une petite fortune. Mr Batiramira avait également trois (3) filles mariées dont nous ignorons le sort. Elles n’habitaient pas à CYEYA, raison pour laquelle nous ne les comptons parmi les victimes de la cellule Cyeya.
69-76 : La veuve d’ASTERE (55 ans) et ses enfants NIRERE, JEAN-PIERRE et INNOCENT. Le sort de ses trois filles adultes VENERANDA, THODOSIE, VINCENTIA reste jusqu’aujourd’hui inconnue. Elles habitaient également avec leur mère à Cyeya (viol ?)
77-82 : NDIMUBANZI Spiridion (65 ans) son épouse (36 ans) et ses quatre (4) enfants encore mineurs (8, 6, 5 et 2 ans). Mr Ndimubanzi Spiridion était jusqu’en 1973 chauffeur de Monseigneur Aloys BIGIRUMWAMI. Après le décès de sa première épouse en 1986, Ndimubanzi s’était remarié en 1990. Le sort de ses enfants adultes entre autre celui de son fils aîné JEAN-CLAUDE (42 ans) reste inconnue jusqu’à présent. Jean-Claude habitait à Karizo (tout près de la route menant à la paroisse de Nyundo), les autres habitaient à CYEYA et leur sort reste inconnu. NB: Il se peut qu’ils ont été enlevés, morts ou vifs ou qu’ils auraient pu s’échapper. Parfois les soldats de l’APR emportent les cadavres à qui ils enfilent des habits militaires pour les présenter comme des « rebelles hutus » abattus. Il y a des fois aussi où les commandants militaires de l’APR présentent des cercueils remplis de cadavres de paysans hutu comme s’il s’agissait des soldats de l’APR tués au cours des affrontements avec les « rebelles hutus ».
83-85 : Le vieux JEAN (70 ans) et son épouse MARGUERITE (69 ans). Jean et le grand-frère de Ndimubanzi Spiridion. Son épouse est, comme nous l’avons souligné plus haut, tante maternelle de Mirasano Emmanuel, assassiné le 12 Janvier à son domicile à Rugerero.
86-92 : ALPHONSE (connue sous le surnom de MAJIGO, 41 ans), son épouse et ses cinq (5) enfants dont CLAUDINE, JOSEPHA et KIGINGI. Alphonse est un des fils du vieux Jean et Marguerite cités ci-haut. Il faisait du petit commerce.
93-99 : ANGELINE (44 ans, veuve), ses six (6) enfants dont DATIVA et THEOGENE. Le mari d’Angeline, EMMANUEL était le fils aîné de Jean et Marguerite cités ci-haut et travaillait à Kigali. Il est décédé suite à un accident de voiture en 1989. C’est pourquoi sa femme Angeline et ses enfants ont déménagé de Kigali à Cyeya chez ses beaux parents.
100-125 : TURIKUNKIKO (62 ans) et son épouse VERONIQUE (appelée Voronika, 58 ans); leurs fils EMMANUEL, BERCHMANS, BONIFACE, ANASTASE et ATHANASE; leurs filles: ANASTASIE, ELISA et MARIE; leurs quatre (4) belles-filles (les épouses d’Emmanuel, Berchmans, Boniface et Damascène); 13 petits enfants (abuzukuru). Joseph Tulikunkiko est le frère cadet de Ndimubanzi Spiridion et de Jean.
126-132 : SEBAHASHYI (58 ans) et son épouse FELICITA (54 ans); leurs 7 enfants dont BUNOLI Jean-Damascène, JACQUELINE, VALENTINE, PAUL et FONDOGO. Mr Sebahashyi est un des grands-frères d’IGNACE (voir les victimes aux n° 3-17). 133-137 : LEONIDAS, son épouse MARANA et leurs enfants MARTIN (surnommé Jisho), NYIRARUBARAZA et NYANZIRA;
138-144 : NYIRIMPUNGA (60 ans), son épouse et leurs cinq (5) enfants dont LEOPOLD et MUKARUGWIZA;
145. NTAHOMPAGAZE Geneviève (Genovefa, 65 ans).
146-153 : NSENGIYUMVA (42 ans) et son épouse, leurs six (6) enfants.
154-161 : NDIMUBANZI (45 ans) et son épouse IMMACULEE; leurs 6 enfants dont TWAGIRA, KIBWA, VEDASTE et JEANINE. Ndimubanzi et Nsengiyumva sont les fils de Ntahompagaze Genovefa.
162-167 : MUJYARUGAMBA (36 ans), son épouse et ses quatre (4) enfants.
168-170 : Les enfants d’Isidore: JOLIE, CLOTHILDE et FILS.
171-177 : MUSHAMBURERE (43 ans), son épouse REGINA et leurs sept (7) enfants dont RUKARA et MAHORO.
178-184 : GASUSA (49 ans), son épouse, leurs cinq (5) enfants dont MUHIRE Jean-Damascène, TWIZERIMANA Théogène, ILLUMINATA.
185-194 : GODFROID (surnommé GODI, 48 ans) et son épouse ASTERIE; leurs huit (8) enfants dont NIZEYIMANA et THEODORE.
195-202 : SERUGENDO (50 ans), son épouse et ses six (6) enfants dont CHARLOTTE et JACQUELINE.
203-207 : MWARIMU, son épouse et leurs quatre (4) enfants.
Liste des habitants du Secteur RUGERERO massacrés par l’APR:
208-209 : WENCESLAS (surnommé KAMINUZA, 42 ans) et son frère Joseph TWAGIRAMUNGU (34 ans), assassinés dans la nuit du 11 au 12 Janvier 1998. Le sort de leurs épouses et de leurs enfants n’est pas encore connu jusqu’à présent.
210-215 : VAN DENEF Jean (alias VENDINEFU), son épouse et 4 enfants, tous assassinés dans la nuit du 11 au 12 Janvier 1998.
216-217 : Elisa NTAMAKIRIRO (70 ans) et Pontien TURIMUBUMWE (23 ans), assassinés le 14 Janvier 1998 dans la Cellule de Rusamaza.
218-224 : ALOYS, sa femme et ses cinq enfants. Il habitait à la frontière de Muhira et Cyeya
225-248 : NTOSHO Juvénal (62 ans), ses trois fils AUGUSTIN (39 ans) avec son épouse et ses 6 enfants, CONSTANTIN (37 ans) avec son épouse et ses 5 enfants; EMMANUEL (32 ans) avec sa femme et ses 2 enfants. Cette famille a été exterminée à Muhira entre Octobre et Décembre 1998. Les trois filles de Ntosho s’étaient mariées dans d’autres secteurs. Massacres du 12 Janvier 1998 dans le Secteur RUGERERO:
249-268 : Emmanuel MIRASANO plus 20 personnes qui avaient trouvé refuge chez lui dont Blandina NIRAGIRE et son mari RUYANGE BARAMBESHYA Ignace, leurs quatre (4) enfants (dont un bébé de 6 mois), THOGENE (14 ans), cinq (5) orphelins de KINYANZOVU et des voisins.
269-279 : MANIRAGABA (36 ans), son épouse et leurs 3 enfants; une des soeurs de Maniragaba qui, depuis le décès de son mari, vivait avec ses cinq (5) enfants chez ses parents à RUGERERO. Les enfants furent aussi assassinés.
280-281 : IYAMUREMYE Dieudonné (32 ans) et son petit-frère KWISANGA Janvier, assassinés le 16 janvier 1997 à leur domicile dans la ville de Gisenyi. C’est justement Dieudonné qui était allé relevé les listes des victimes ci-après et qui l’avait faxé à ses proches parents vivant en Europe.
282-286 : Mr NAGUHUNGIRAHE Jean-Damascène (surnommé KIRIBOSO, 36 ans) fut assassiné le 15 Janvier 1998 à MUGOGO, commune MUTURA. son épouse et ses trois (3) enfants ont été aussi assassinés. il faut mentionner ici que son grand Aloys NSHIMIYEMUNGU, son épouse et ses 4 enfants avaient subi le même sort en Novembre 1997. Jusqu’en 1994 Naguhungirahe travaillait au MINITRANSCO à Kigali. 287 : NYIRABASHYITSI Anastasie (58 ans) a été assassinée le 27 Janvier 1998 dans la cellule RUSAMAZA, secteur MUHIRA. Son cadavre a passé trois jours devant sa maison.
A N T E C E D E N T S :
Depuis le mois d’Août 1997, le Colonel KAYUMBA Nyamwasa, Commandant des opérations militaires dans le nord-ouest à cette époque, a commandité toute une série «d’attaques simulées» par des éléments de la SPECIAL BRANCH (une unité secrète du Directorate Military Intelligence: DMI) dans cette commune de RUBAVU. Ces attaques simulées sont destinés non seulement à justifier les « opérations de fouille et de représailles » de l’APR, mais aussi à légitimer les massacres de cette armée. Depuis que « la formule des infiltrés hutus » a été introduite et exploitée du nord-ouest au sud-ouest, les populations hutu des quatre préfectures situées à l’ouest du Rwanda ont été le théâtre des massacres aveugles et injustifiées des civils non armés de façon que la plupart des organisations des droits humains n’ont jamais cessé de les dénoncer.
Le Centre tient à rappeler les liens de parenté qui unissent certaines victimes de cette région à deux personnalités hutu qui étaient influentes dans cette région et qui avaient collaboré avec le régime issu du Front Patriotique Rwandais (FPR), avant d’être assassinées à leur tour par l’Armée Patriotique Rwandaise. Il s’agit de SEBAHUNDE Maurice (S/Préfet de Ngororero-Gisenyi assassiné en mai 1997) et de son grand frère BURASANZWE Emmanuel, ancien directeur de prison porté disparu le 10 août 1997 lors des récents massacres de l’APR dans les deux communes Kanama et Rubavu. En effet le 8 août 1997 les soldats avaient tué plus de 300 personnes au marché de Mahoko et environ 500 détenus dans les deux cachots communaux.
La soeur de ces deux personnalités, MARTHE (60 ans) avait été tuée à coup de fusil en Novembre 1997 ainsi que sa fille cadette CHRISTINE (22 ans) et le mari de celle-ci, J.M.VIANNEY (25 ans, fils de Wenceslas KABIRIGI domicilé à Karizo, secteur Muhira) ainsi que leur bébé de 18 mois. Mentionons ici aussi que le beau-frère de Mirasano Emmanuel, Jean RWAMAKUBA (50 ans), enseignant au Centre scolaire de RUBAVU, avait été assassiné en 1997. Quand les soldats du FPR atteignirent Gisenyi en Juillet 1994, ils tuèrent, à Rugerero, ses deux oncles paternels Ephrem NGENDAHIMANA (65 ans) et Bonaventure IYAMUREMYE (55 ans) à MUHIRA, sa tante BERNADETTE (72 ans) et son cousin RUSUKUMA (45 ans).
Mr Dieudonné IYAMUREMYE (32 ans, fils de Bonaventure Iyamuremye, oncle paternel de MIRASANO) habitait dans la ville de Gisenyi. Il s’est rendu le lendemain 13 janvier au risque de sa vie sur les lieux du crime dans le secteur RUGERERO. Trois jours après, le 16 janvier 1997, DIEUDONNE fut également assassiné à son domicile à Gisenyi avec son petit-frère KWISANGA Janvier (22 ans). Il faut noter que Dieudonné habitait dans la maison de son petit-frère Védaste MUSABYIMANA qui fut également assassiné dans la ville de Gisenyi l’année dernière avec son épouse et ses enfants. Mr Dieudonné fut probablement assassiné par l’APR parce qu’il avait été témoin de ces massacres de l’APR et qu’il avait informé des membres de sa famille vivant en Europe. Le jeune homme Pontien TURIMUBUMWE (22 ans) avait trouvé refuge chez la vieille NTAMAKIRIRO depuis Août 1997, après que les soldats de l’APR aient détruit la maison de ses parents à KINYANZOVU et assassiné sa mère MARCIANNA (55 ans) et sa petite soeur CONSOLEE (17 ans). Pontien fut aussi abattu sur-le-champ. Il faut signaler ici qu’une des soeurs de Ntamakiriro, MARGUERITE (60 ans) avait été aussi assassinée avec ses cinq (5) enfants en Juillet 1997 à Rusamaza. Le mari de Marguerite, Ambroise MAHATANE, était jusqu’en 1985 Directeur au Ministère des Postes et Télécommunication.
Le Centre dénonce et condamne ces « nouveaux actes de génocide » perpétrés par les troupes de l’APR en toute impunité. Ces massacres massifs de civils hutu n’ont jamais cessé depuis « l’attaque simulée de l’APR » à l’Aérodrome de Gisenyi le 8 Octobre 1997. Le bilan est estimé à plus de 3000 habitants de Rubavu portés disparus. Grâce aux médias internationaux, les Chefs militaires dans cette région ainsi que les conseillers militaires du Général Paul KAGAME ont propagé un gros mensonge selon lequel les « rebelles hutus » ont utilisé des armes lourdes. Qu’ils sont de plus en plus mieux organisés et mieux équipés!!
Le Centre rappelle que, jusqu’à présent, le régime de KIGALI a été incapable de démontrer réellement « l’existence d’une rebellion hutu ». A part les communiqués laconiques du Colonel KAYUMBA Nyamwasa, actuel Chef d’Etat-Major de l’APR et commandant des opérations militaires dans le nord-ouest, les habitants de cette région n’ont jamais pu reconnaître cette rebellion dont on ignore le nom, les chefs et les revendications.
La presque totalité des attaques attribuées « aux rebelles hutu » se sont révélées être des « simulations » d’attaques organisées par les commandos de la SPECIAL BRANCH, une branche secrète de la Directorate Military Intelligence (DMI), chargée de planifier les massacres, les assassinats politiques, les attaques simulées, la guerre psychologique, bref un Bureau d’études du crime et de la terreur d’Etat. Les descriptions grotesques de ces attaques, faites par les différents porte-paroles de l’Armée Patriotique Rwandaise (APR), montrent à suffisance que cette Armée est soucieuse de « justifier et légitimer les massacres » de civils non armés dont elle se rend coupable depuis la victoire militaire du Front Patriotique Rwandais (FPR) en juillet 1994. Le Centre demande à toutes les organisations humanitaires et tous les hommes de bonne volonté de prendre leurs responsabilités pour dénoncer et condamner ces actes de génocide. Le Centre avait dénoncé «l’imminence de ce nouveau génocide» dans son communiqué n°8/96 du 16 décembre 1996.
Pour le Centre, MATATA Joseph, Coordinateur.
Catégories Rwanda, Témoignages, ibuka bose
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Aloysie Inyumba, la ministre du Genre et de la promotion de la famille, a remporté le Prix "Amelia Earhart", du nom de la première femme à voler en solo à travers l'océan Atlantique. Inyumba est récompensée en reconnaissance de son courage politique et de sa détermination à promouvoir la paix dans son pays. Elle recevra ce prix avec deux autres femmes : Virisila Buadromo de Fidji et de Chi Yvonne Leina du Cameroun.