Le quotidien « Le Soir », une caisse de résonnance du FPR en Belgique ?

Le journaliste du "Soir" est tombé dans les mains des propagandistes du FPR. Il rapporte leurs propos qui sentent la délation et la volonté de nuire à une partie des ressortissants rwandais vivant sur le territoire belge.

Sous la plume d’un certain Hughes Dorzeé, « Le Soir » a publié les 05 et 06 avril 2008 un long article portant sur des accusations graves contre une partie de la diaspora rwandaise en Belgique.

 

Le titre et les sous-titres sont on ne peut plus explicites :

 

- « Le vent de la haine anti-tutsi » ;

 

- « Le négationnisme du génocide tutsi sévit ouvertement en Belgique » ;

 

- « Dérives racistes et discours haineux » ;

 

- « Certains ont encore des machettes dans la tête ».

 

La gravité de ces accusations, l’assurance du journaliste dans ses affirmations et surtout la coïncidence avec la manifestation pacifique du 06 avril 2008 nous ont interpellés.

 

Pour en avoir le cœur net, nous avons entrepris de faire une contre-enquête. Ce que nous avons découvert est ahurissant.

 

1. Les sources du journalistes Hugues Dorzée

 

Dans son article, Hugues Dorzée cite et donne la parole à des personnes connues pour leur militantisme pro-FPR en Belgique. Se présentant sous des groupuscules microscopiques qui se font passer pour des associations sans but lucratif (asbl), ces individus ne représentent souvent qu’eux-mêmes (ou leurs familles). Ces ‘‘asbl-bidons’’ arborent des noms ronflants ou évocateurs de nature à les rendre incontournables et fourre-tout. Exemple : ‘‘Communauté Rwandaise en Belgique’’ ! L’appellation ratisse large mais la réalité est que les membres de cette ‘‘asbl’’ peuvent tenir leur Assemblée Générale dans une cabine téléphonique.

 

2. Allégations mensongères

 

Dans notre enquête, nous avons visité tous les endroits cités dans l’article.de Hughes Dorzée où des « cas d’attaques racistes sont rapportées ». Nous sommes entrés dans tous les cafés rwandais de Bruxelles (Anderlecht, Laeken, Porte de Namur,…) mais aussi à Liège selon l’itinéraire tracé par le journaliste, sauf évidemment à Dendermonde (sic) où il n’existe aucun café rwandais. Partout, nous n’avons rien constaté qui pourrait aller dans le sens des allégations du journaliste. Au contraire, les clients, toutes ethnies confondues, étaient sidérées par ces allégations mensongères. Dans l’un de ces cafés, nous avons même assisté à un entretien entre un hutu et un tutsi qui se demandaient comment ils pourraient ensemble apporter un démenti aux propos du journaliste, ou même porter plainte pour incitation à la division ou à la haine raciale.

 

3. Manipulation de l’opposition et chasse aux opposants au régime du FPR

 

Hughes Dorzée croit avoir rencontré des cas bouleversants à travers le témoignage des demandeurs d’asile. Il s’agit en réalité de vieilles astuces connues de tous les réfugiés qui ne peuvent pas prouver pourquoi ils se considèrent comme ‘‘réfugiés politiques’’ selon la Convention de Genève. Les rwandais, spécialement ceux qui arrivent directement du pays sont passés maîtres pour simuler un traumatisme chaque fois qu’on leur demande de relater leur passé. Tous les jeunes envoyés en Belgique pour étudier, se faire soigner ou espionner connaissent la leçon par cœur. Seul notre ‘‘journaliste’’ ignore cette astuce.

 

Le régime de Kigali prend très mal que ses opposants en Belgique puissent être engagés dans des services publics belges en général et l’Office des Etrangers et au Commissariat Général aux Réfugiés et aux Apatrides en particulier. Tous les moyens sont bons pour les faire licencier. Il suffit qu’un candidat réfugié envoyé de Kigali déclare avoir été interrogé par un ‘‘génocidaire’’. D’une pierre deux coups : l’opposant est viré et l’agent du FPR obtient son statut de réfugié sans autres formalités. Nous avons constaté que Hughes Dorzée est tombé dans ce piège.

 

4. Militantisme ou manque de professionnalisme ?

 

Hughes Dorzée n’a recueilli que les déclarations des activistes du FPR en Belgique et les a présentés aux lecteurs du « Soir » comme « vérité évangélique ». De deux choses l’une : ou le sieur Hughes Dorzée n’existe pas et ce nom serait plutôt un pseudonyme d’un activiste du FPR en Belgique, ou bien le journaliste du même nom  manque de professionnalisme. Même un journaliste « stagiaire » en Belgique n’aurait pas été distrait jusqu’à écrire dans « Le Soir » ou « La Libre Belgique » : « Dendermonde » sachant que cette localité est nommée « Termonde » en français. C’est comme si « De Standaard » ou « Het Laaste Nieuws » écriraient dans leur collones « Mons », « Liège » ou « Tirlemont » en lieu et place de « Bergen », « Luik » ou « Tienen ». Ce serait un scandale.

 

Le sieur Hughes Dorzée l’a pourtant fait. Nous le comprenons. Il n’a en fait que reproduit mot à mot ce que lui dictaient les activistes du FPR dont nous savons qu’ils ignorent que « Dendermonde » se nomme « Termonde » en français.

 

A vouloir plaire à ses amis ou sponsors, notre journaliste perd énormément en professionnalisme. A moins qu’il ne soit lui-même activiste du FPR.

 

Que Hughes Dorzée existe ou que ce ne soit qu’un prête-nom, c’est de bonne guerre. Mais nous nous demandons à quel jeu se livre le quotidien « Le Soir » qui  n’hésite même pas à publier des contre-vérités, à inciter à la violence ethnique, à faire commettre des fautes professionnelles à ses journalistes, tout cela pour relayer en Belgique la propagande du régime totalitaire du FPR qui opprime le peuple rwandais.

 

Emmanuel NERETSE
Bruxelles, le 16 avril 2008

 

 

 


 

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