Le mensonge de trop: Sebasoni et la justice françaiseServilien Sebasoni, porte-parole du FPR, a publié un texte dans lequel il s'insurge contre la relaxe de Pierre Péan par la justice française. Il saisit l'occasion pour s'attaquer, pour la deuxième fois, à "musabyimana.be". Ci-après la réaction du Dr Joseph Ndahimana à cet article. |
|
|
|
|
|
Il n'est jamais aisé de discuter d'un sujet comme le génocide des Tutsi, les victimes rwandaises en général, ou tout simplement toute victime innocente. Mais, c'est aussi dans la mesure où nous serons en mesure de tenter de parler vrai sur de tels sujets, que nous serons à la hauteur des attentes suscitées par la recherche de la vérité et la vraie lutte contre toutes les injustices. Le génocide des Tutsi rwandais demeure un sujet délicat et profond. Ce n'est pas un sujet banal, car il concerne la perte de vies humaines. Mais, une véritable mise en garde doit être clairement adressée à quiconque s'aviserait à en faire un usage mercantile, éhonté,... ou à exploiter outre mesure ce drame, notamment dans un but d'intimidation ou de culture de la "confusion". S'en prendre aux analystes scientifiques est devenu, depuis la guerre d'octobre 1990, une spécialité rwandaise. Pourchassés pour leurs opinions, des observateurs internationaux sont systématiquement qualifiés de négationnistes par des agitateurs tutsi, ou de blancs menteurs pro-FPR par des ténors du camp adverse constitué par des hutu. 1. Des comparaisons inutiles et sans objet Dans sa réaction faisant suite à un arrêt judiciaire favorable à l'écrivain français, Pierre Péan, suite à une plainte déposée contre lui par SOS racisme au sujet de son livre sur le Rwanda, intitulé "blancs menteurs, noires fureurs", monsieur Servilien Sebasoni s'indigne du fait que le cas de M. Péan n'a pas été traité comme celui du chef d'un parti de l'extrême droite française, monsieur Jean-Marie Le Pen, condamné pour avoir déclaré sur le génocide des Juifs que "les fours crématoires sont un détail de l'histoire". Ainsi, on se perd, comme à l'accoutumée, dans des comparaisons du genre "...A Paris, la diffamation d'un Rwandais n'apparait pas comme la diffamation d'un Juif...", au lieu de reconnaître qu'un génocide n'en vaut pas toujours d'autres, surtout compte tenu des circonstances dans lesquelles il a été commis. Pareille volonté de donner au génocide des Tutsi un caractère mystérieux, alors qu'il a été commis au grand jour et que ses témoins sont très nombreux parmi les Rwandais de toutes les appartenances ethniques, s'apparente à un besoin effréné d'en faire un usage à consommation extérieure. Une fois de plus, cette manœuvre trahit une culture de manipulation, ...et de mensonge. On l'a vu, à l'époque où le régime du FPR a vendu à l'Occident "les gacaca" comme remède miracle, en lieu et place de la clarification des orientations du régime en question en matière de justice. Il était, en effet, d'emblée logiquement impensable que les gacaca puissent fonctionner correctement dans un pays où l'étouffement de la vérité est érigé en système de gouvernement, où la liberté de donner son opinion était privée au peuple, et où il était surtout officiellement exclu de parler des crimes commis par le FPR, détenteur du pouvoir. A l'heure actuelle, après tant de temps perdu, l'un des principaux pays occidentaux qui ont financé cette mascarade de gacaca, en l'occurrence la Belgique, déclare sans ambages, ne reconnaître aucune valeur judiciaire à ces institutions fantomatiques, les gacaca. Notre compatriote Sebasoni persiste dans ses égarements intellectuels en affirmant que parler de "la culture du mensonge" chez les Tutsi ou les Rwandais relève du pur "racisme". Il qualifie la justice française d'"hypocrite" et justifie son jugement en arguant que "s'il s'était agi de Juifs et non de Tutsi, Pierre Péan aurait été à coup sûr condamné et mis au ban des gens honnêtes pour le reste de sa vie". Une sérieuse hantise d'extraire le génocide des Tutsi de son contexte rwandais et de l'assimiler à tout prix à celui des Juifs! 2. Plaidoirie en faveur de l'ange Paul Aux yeux de Servilien Sebasoni, dans le dossier du génocide des Tutsi et la polémique qui s'y rapporte, le président Paul Kagame ne serait qu'une victime,...si pas un martyr. Sebasoni affirme ainsi que "les Occidentaux ont choisi pour critère de vérité tout ce qui est contre Paul Kagame et le FPR". Un vulgaire mensonge, si l'on sait que dans l'affaire, Paul Kagame a aussi ses "Occidentaux". Ceux-là qui l'ont aidé dans sa campagne de conquête militaire du pouvoir, et qui continuent de lui prodiguer une aide si rapprochée, digne d'un régime d'occupation militaire assistée. Pis encore, Paul Kagame est l'instrument de puissances occidentales dans l'entreprise criminelle de déstabilisation et de pillage à l'encontre d'un pays voisin, le Congo. Sebasoni se met à épiloguer sur les convictions intimes du journaliste P. Péan sur le génocide et s'interroge: "...quelle réalité du génocide Pierre Péan ne nie-t-il pas?". Et de conclure qu'à vrai dire: "...le génocide réel, commis contre les Tutsi par des Hutu, Péan ne le reconnait pas; ...P. Péan ne nie pas le génocide des Tutsi, mais l'attribue, par une ruse diabolique, aux Tutsi eux-mêmes..." . On se croirait dans une gymnastique de psychanalyse ou un test sur la foi religieuse! L'affirmation de "...génocide des Tutsi commis par des Hutu" est en même temps vraie et partielle. Elle est vraie car, en effet, des Hutu, ont commis un génocide contre des Tutsi. Mais, aussi, il n'en est pas moins vrai que le FPR, à dominante tutsi, et son chef Paul Kagame, ont eu une part indéniable de responsabilité dans ce même génocide commis contre des Tutsi. Ils ont même spéculé sur ce génocide, en décidant d'en faire le passage obligé pour conquérir un pouvoir sans partage Une telle affirmation relève simplement d'un fait véridique vérifiable, et ne constitue en rien une volonté de minimiser l'ampleur de ce crime, ni d'atténuer en quoi que ce soit la responsabilité des Hutu qui l'ont organisés ou y ont pris part. 3. Sebasoni fait feu de tout bois Visiblement, l'énervement de Sebasoni, le sage malgré lui, n'a pas de limite. Il s'en prend entre autres au juriste rwandais Ntampaka Charles en ces termes: "N'en déplaise à l'injuste juriste rwandais, Ntampaka, et à Musabyimana ...qui croient que tous les Rwandais sont menteurs..." . Ce faisant, monsieur Sebasoni ne prouve pas que lui, en particulier, n'est pas un menteur. En effet, en termes d'intégrité intellectuelle et de probité, il n'arrive pas à la cheville de l'un des boucs émissaires de sa déception, notamment Ntampaka Charles. Enfin, Sebasoni surfe sur la fibre "genre" et s'attaque à des Canadiennes (il s'agit bien aussi de femmes) qui auraient mis en cause la tangibilité du rôle de la femme dans le Rwanda de Kagame. Il dit : "Deux Canadiennes visitant le Rwanda ont écrit qu'elles (les femmes) n'y sont pas au pouvoir, elles n'y sont qu'en apparence". Qui de Sebasoni et le régime dont il plaide la bonne foi d'une part, et d'autre part des Canadiennes, est menteur? Au Rwanda, le pouvoir n'est ni dans les mains des femmes, encore moins des hommes, il est dans les mains d'un homme, Paul Kagame. Joseph
[Posté par Joseph Ndahimana sur le forum de discussion DHR le 07/12/2009]. Lire ci-dessous, en fichier attaché, l'Arrêt de la Cour d'Appel_Péan.
Catégories Actualités sur le Rwanda
|
|
Commentaires / réactions
Displaying results 1 to 2 out of 2
NDEZE John Patrick from Bugesera- Rwanda (Friday, 11-12-09 11:13)
On ne peut jamais mentir a tous les hommes et en tous temps. Ceci est vrai. Je me rappelle tres bien dans les annees 1990-1994, les dirigeants du FPR nous ont convaincus qu'au Rda il n'y a pas ni de Hutu, de Tutsi ni de Twa arrivant meme a l'indique ainsi dans la constitution actuelle du Rda. Mais d'ou viens l'idee qu'il ya eu genocide contre les tutsi. Si on peut demander a Sebasoni combien il y avait de tutsi au Rda avant et apres le genocide et meme maintenant, je pense qu'il ne saurait pas repondre. Est-ce que Sebasoni connait tres bien que le President ( Gajuga Robert) des Interahamwe au niveau national etait tutsi? Ou bien il va defendre que Kanyarengwe etait tutsi. Mes freres Pean a raison a 100% les rwandais en general sont des diables menteurs et pas sales menteurs si tel n'est pas le cas il faut prouver le contraire. Concretement, au Rwanda il ya eu des morts des tutsi et des hutu plus nombreux d'ailleurs. Ceux qui ont ete tues du cote du FPR le trait commun etait des sponsorts du FPR et le FPR a tue et tue encore tous ceux qui se sont opposes a sa folie mertriere declenchee depuis le 1er cotobre 1990. Seul Dieu pourra sauver le Rda.
BONNET BONI from RWANDA (Tuesday, 08-12-09 23:42)
Sur l'Affaire Péan, Monsieur SEBASONI a oublié que la France est un Etat de droit dans lequel les juges ne disent que le droit et rien que le droit.Il aurait été plus conséquent pour lui de se documenter sur les institutions administratives françaises avant de se livrer aux commentaires dépourvus de toute objectivité et abondent au surplus d'incohérences.
Si le gouvernement du FPR a crée des tribunaux d'épuration des Hutu dans toutes les structures du Rwanda par le jeu de création de syndicats de délateurs et autres officines spécialisées dans la fabrication des faux témoignages, la justice française est la seule arme des faibles face aux puissants. Il est par ailleurs garante de l'équlibre et de la paix sociale en France. La justice française est une justice pour tous et non une justice d'un groupe de ploutocrates qui diposent du droit à la vie et à la mort des faibles.
Monsieur SEBASONI a omis de dire que, par le jeu des mensonges décrits pas Péan, Kagame et consorts ont pu convaincre l'Union Européenne et autres pays démocratiques européens de financer le fonctionnement des GACACA, tribunaux d'exception par excellence spécialement crées pour les hutu.
Monsieur SEBASONI parle du génocide des tutsi par les hutu. Mais il n'explique pas comment et pourquoi les hutu ont planifié le génocide des tutsi, alors ces derniers avaient à plus de 70% l'économie rwandaise dans leurs mains, qu'ils occupaient les plus hautes fonctions de l'Etat Rwandais notamment les numéros 1 et 2 de l'Etat et du gouvernement sous Habyalimana, qu'ils étaient statistiquement plus nombreux que les hutut dans les écoles secondaires et universités sous Habyalimana.
Le régime Habyalimana a pris fin le 16/04/1992 avec la mise en place du governement d'opposition sous l'autorité de Nsengiyaremye Dismas avec tous les pouvoirs exécutifs qui lui avaient conférés la constitution de juin 1991. Monsieur SEBASONI qui, je subodore, est membre originaire du FPR connaît le pacte d'alliance signé à Bruxelles début juin 1992 entre l'opposition et son parti pour diriger le Rwanda après avoir liquidé politiquement le Président Habyalimana, dit en substance le pact. Cette alliance ne s'est-elle pas concrétisée par la nomination de Monsieur Iyamuremye à la tête de Direction générale des services secrets, poste très stratégique cer il était l'oeil et l'oreille de l'opposition et du FPR dont il était membre en fait comme en témoignent ses belles récompenses par le FPR. Si les hutu ont planifié le génocide des tutsi, Monsieur SEBASONI ne précise comment les hutu de toutes tendances politiques ont planifié le génocide des tutsi sans que les dirigeants du FPR et lui-même qui les incarnent ne soient au courant,alors que leurs alliés avaient tout le pays en main, le tout dans un Rwanda où tout le monde connaît qui est qui et qui a fait ou qui fait quoi.
Dans sa litanie d'imputations,il ne dit pas lequel des 5 gouvernements qu'a connu le Rwanda depuis le 01/10/1990, a planifié le génocide des tutsi. Il ne dit pas également pourquoi les grands financiers tutsi du FPR, notoirement connus ne se sont pas inquiété outre mesure du 01/10/1990 au 06/04/1994.
Monsieur SEBASONI a le droit d'être porte-parole du FPR mais je ne puis penser que sa haute expertise dans la propagation des mensonges et la négation de l'évidence pourra lui être d'une quelconque utilité à long terme.
J'ai lu plusieurs articles de SEBASONI.
Alors qu'il sait très bien que AKAZU est une fiction, utilisé par les experts en désinformation pour réaliser leurs objectifs pour les uns ou accomplir les missions assignées pour les autres, il continue à colporter ce mot comme groupe de planificateurs du génocide des tutsi.
Enfin, dans ses articles publiés ici au Rwanda, Monsieur SEBASONI na parle jamais des tutsi. Car sous peine de s'exposer aux sanctions sévères prévues par la loi pénale de ce pays, il ne peut écrire ou prononcer publiquement ce mot. Le motif que les ploutocrates ont avancé: "au Rwanda, il n'y a que des rwandais. Il n'y a donc pas des hutu, des tutsi et twa", du moins selon propre nouvelle histoire du Rwanda.
Si les tutsi n'ont jamais existé Rwanda, selon l'histoir du ce pays version FPR, d'où ils le sort dans ses articles?
Au regard de son niveau culturel, ses commentaires confirment les affirmations de Monsieur Péan.
Autres messages :

Après la fuite du général Kayumba Nyamwasa la semaine dernière, Kigali l'a accusé d’être derrière les grenades ayant explosé récemment dans la capitale rwandaise. Pourtant le porte-parole de la police avait annoncé une semaine auparavant et avec certitude que les responsables des attaques à la grenade étaient des Interahamwe et trois suspects avaient même été arrêtés et avoués leurs forfaits ! Une grotesque mise en scène?
