Le massacre des réfugiés de la cathédrale de ByumbaEn avril 1994, Jean Paul Munyarukato était à Byumba. Il livre un témoignage sur le massacre opéré par le FPR sur la population civile qui avait trouvé refuge dans la cathédrale de Byumba. |
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Le massacre des refugiés de la cathédrale de Byumba "Ils étaient quelques 200 âmes qui avaient pris refuge dans la cathédrale de Byumba à la reprise des hostilités entre l’arme gouvernementale et les rebelles du Front Patriotique Rwandais (FPR). Des femmes et des enfants; pour la plupart des ressortissants de Rebero et Buhambe dans les environs de la cathédrale de Byumba, des enseignants à l’école primaire d’application, des employés de l’église, quelques fonctionnaires aussi qui exerçaient dans quelques services qui étaient encore opérationnels dans cette ville affectée par la guerre depuis octobre 1990. Les rebelles du FPR sont entrés dans la ville de Byumba dimanche le 17 April 1994 sans rencontrer aucune résistance. L’armée gouvernementale avait évacué la nuit précédente. Ces réfugiés venaient donc de côtoyer les soldats du FPR pendant plus d’une semaine et s’apprêtaient à regagner leurs domiciles. Tout portait à croire que l’ordre revenait. D’ailleurs cette place qu’ils occupaient étaient plutôt besoin servir un grand nombre de déplacés de Kigali que le FPR convoyait sur Byumba en cette période. C’est dans ce contexte que la nouvelle autorité du FPR approcha ces gens dans la journée du lundi le 25 avril 994, leur prodiguant les assurances et leur proposa d’aller passer un peu de jours à Kageyo dans les prémisses du noviciat des sœurs de Notre Dame du Bon Conseil pendant que les organes habilités du FPR s’assuraient les moyens de les retourner chez eux en toute sécurité. Ils étaient alors mis en file indienne encadrée par les soldats pour une marche de 4 km et demi vers Kageyo. L’opération était soigneusement orchestrée. Deux propriétés assez grandes et bien clôturées, l’un appartenant à un certain François Rwambonera, l’autre au commerçant Alphonse Nsengiyumva, avaient été apprêtées à cette occasion à un lieu dit Kuruyaga, sur la route principale Byumba-Rukomo, à moitié de la marche vers Kageyo. Quand la file arriva à la hauteur de cet endroit en fin d’après-midi, une halte fut commandée, les soldats commencèrent à admettre ces gens en petits groupes dans les deux propriétés. On les faisait croire qu’ils allaient subir un petit interrogatoire avant de poursuivre le chemin vers Kageyo. Une justification. C’était tout simplement pour maintenir le calme chez ceux qui attendaient leur tour. A l’intérieur, un autre groupe de soldats se distribuaient les admis qu’ils massacraient en leur brisant le crâne. La fusillade aurait semé la panique. Je connais la plupart des victimes de ce massacre, des familles entières, des enfants aux bas âges, des bébés qui ne furent pas épargnés. Je connais aussi une personne qui survécut par ce que l’on la crut une Tutsie ayant échappée le premier tri que l’on avait subtilement effectué à la cathédrale. Elle reporta le sort de Madame Musabyimana à qui l’on a demandé aussi de s’en aller pour une autre raison mais ne voulut pas laisser derrière son mari Ignace. Elle insista à prendre part à l’interrogatoire à ses cotés, avec leurs deux enfants et une nièce qui vivait avec eux. Les trois enfants étaient tous âgés de moins de cinq ans. Toute la famille entière pérît. Parmi les victimes figurait aussi Médard Mudaheranwa, un collègue étudiant à l’université du Rwanda qui, au moment de la reprise de la guerre civile, se trouvait, comme moi-même, en vacances à Byumba. Le massacre des réfugiés de la cathédrale de Byumba n’est pas un cas isolé. En ce moment les soldats chargés des opérations de l’arrière-garde sous le commandement de l’actuel Colonel Dan Munyuza des FDR étaient engagés dans une campagne d’extermination des masses à grande envergure à la quelle collaboraient activement les cadres politiques du FPR. Un des membres dirigeants de ces cadres politiques du FPR à Byumba (ABAKADA, comme on les appelle en Kinyarwanda) n’étaient rien d’autre que Monsieur Ignatius Kamali Karegyesa, l’actuel ambassadeur du Rwanda à Kampala. Il a été vu en train de superviser plusieurs massacres en fin d’avril 1994." Lire tout le témoignage ou ouvrir le texte en PDF en bas de cette page.
Catégories 2009-Documents sur le Rwanda, Rwanda, Témoignages, ibuka bose
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Commentaires / réactions
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Mahoro Nkunda from Rwanda (Tuesday, 26-05-09 18:05)
Merci bcp cher paul,
La verite vaincra!
Ami de Rwasama
Ciro Gervais from Bergamotte/Italie (Tuesday, 26-05-09 11:45)
Je suis toujours agréablement surpris par les informations que je trouve sur votre site.
En particulier, j'apprécie ce mouvement de documentation des massacres dont les hutus ont été victimes eux aussi.
Vous , rwandais, ayez toujours à l'esprit que le moment viendra où chaque camp rendra ses comptes. Et si les charges à l'encontre du FPR ne sont pas documentées aujourd'hui, demain ce sera trop tard. Par exemple, en tant qu'ami du Rwanda, je suis avec un grand intérêt cette manœuvre de plus qui commence avec l'affaire des cadavres du lac Victoria.
J'apprécie beaucoup votre démarche qui semble être comme celle d'une tortue qui est toujours assurée. Il faut dire qu'il n'y a rien à reprocher à vos documents qui sont toujours d'une excellente qualité.
Bravo.
G. Ciro
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