Le FPR a tué mes parents

Le FPR a assassiné mes parents et des membres de ma famille en 1994. Il a commis d'autres crimes horribles dans notre région.

Gervais Mbanzabugabo

Des témoignages des réscapés sont accablants contre les membres de la "Local Defence", des officiers et des cadres politiques du FPR qui les encadraient dans cette sale besogne. Ils sont aujourd'hui au pouvoir et se sont érigés en donneurs de leçons. Tout criminel doit être condamné de quel bord qu'il se trouve. Seule la fin de l'impunité pourra réconcilier la population rwandaise dans toutes ses composantes. Sinon, qui va oublier ses parents ou les membres de sa famille massacrés par ceux-là même qui veulent nous faire taire par des intimidations de toutes sortes pour camoufler leurs crimes? 

 

Gervais MBANZABUGABO
In memoriam

Gervais MBANZABUGABO, c’est le nom de mon père. Il est né à Nyamugali, Ruhengeri, en 1920. Il est mort en avril 1994. Que Dieu ait son âme. 

 

Parmi les victimes, il y a entre autres mon père Gervais Mbanzabugabo, mes frères Gakwisi, Félicien Gashongore et Innocent Kanamugire tué avec sa femme Marie Ntakontagize et leurs trois enfants de 4, 3 et 1 an ; mes oncles paternels Augustin Mutabaruka, Rwizihira et Karuranga.

 

De quoi est-il mort ? Comment est-il mort ? 

 

En février 1993, les hommes du Front Patriotique Rwandais (FPR) ont  lancé une attaque de grande envergure. Alors qu’ils étaient cantonnés le long de la frontière rwando-ougandaise, ils ont progressé jusqu’à quelques 50 km de la capitale. 

 

Après des pourparlers entre le Gouvernement rwandais et le FPR, il fut convenu que chacun des belligérants retourne à sa position antérieure à l’attaque. La zone entre les deux armées sera appelée « Zone tampon » ou « Zone démilitarisée ». Aucun militaire ne devait y mettre pied. La population, qui avait fui en masse, fut ainsi invitée à retourner dans la zone. Pour contourner cette mesure, les combattants du FPR, qui voulaient garder le territoire conquis, se débarrassèrent des uniformes militaires et de leurs bottes en caoutchouc et endossèrent des habits en civils. Ils restent là mêlés à la population. Celle-ci est endoctrinée à longueur de journée par des cadres politiques du FPR. Le 06 avril 1994, l’avion du Président Habyarimana est descendu par un missile. Le FPR met en branle son armée et les « civils du FPR » restés dans la zone démilitarisée reprirent leurs uniformes et déterrèrent leurs fusils. La population de la zone tampon est systématiquement prise à partie, d’une façon sélective. Les parents ayant des enfants dans l’administration publique, dans l’armée furent les plus visés. 

 

Ainsi un beau matin de fin avril 1994, mon père reçut une visite des militaires du FPR. Ils le sommèrent d’inviter la population dans une réunion. Il appela le village. Les gens accoururent. Le chef de la bande de ces militaires mit mon père de côté. Il demanda à l’assistance que ceux qui ont des relations familiales avec lui s’approchent de lui. Toute la famille proche et éloignée s’exécuta. Mais dans la population, certains se dirent : « Ces militaires sont une connaissance du fils de Mbanzabugabo qui est haut placé à Kigali. C’est probablement qu’ils ont des colis alimentaires à distribuer à la famille ». Il est vrai que la famine faisait rage. Alors les plus courageux rejoignirent le groupe de mon père. Le commandant donna l’ordre et le groupe fut conduit à plus de 15km de chez moi, à un endroit appelé RUKERI. Ils y furent tous massacrés. Des témoignages que j’ai pus recueillir parlent d’au moins 80 personnes tuées à cette occasion.  

 D’autres crimes du FPR dans la région 

 

Le drame de cette région a été décrit par d’autres acteurs. Ainsi, l’Association « SOS Rwanda » basée en Belgique a recueilli des témoignages sur d’autres massacres dans la région. Ils sont attribués à Sam Kaka alias Kanyemera, un officier du FPR, aidé par un certain Mukwiye, un ressortissant de la région. Le modus operandi est le même : inviter la population dans une réunion et la massacrer. Voici le témoignage recueilli par SOS RWANDA-Burundi :  

 

"Chef d'Etat-major de l'Armée Patriotique Rwandaise (APR) de juillet 1994 à janvier 1998, Kanyemera participa à tous les assassinats qui ont eu lieu dans les préfectures de Byumba et de Ruhengeri sur les populations civiles. Le cas le plus connu est celui de la commune Cyungo dans la préfecture de Byumba. Le 06 avril 1994, le Colonel Kanyemera, qui était avec ses hommes dans la "zone démilitarisée " dans la Commune Cyungo-Byumba, mit au point un appât qui a bien fonctionné : la population de cette commune en proie à la famine parce que la guerre l'avait empêché de cultiver, avait grandement besoin d'une aide en nourriture. Les hommes de KAKA invitèrent tous les cadres de la commune à une réunion à Kimiryi. L'ordre du jour était de mettre sur pied le programme de distribution de la nourriture. Plus d'une vingtaine de personnes répondirent à l'appel. Elles furent tuées dans la salle dans laquelle elles s'étaient rassemblées. Le lendemain, avant que la nouvelle ne se répande, l'on invita tout jeune qui savait lire et écrire à une réunion ayant le même objet et l'on ajouta que les jeunes distributeurs seraient payés à l'heure. Comme c'était les vacances, tous les jeunes de la commune et même des communes environnantes se précipitèrent en masse. Ils furent tous tués sur ordre de SAM KAKA. Le jour suivant, les hommes de KAKA sillonnèrent la commune. Ils tuèrent toutes les familles qui avaient des enfants dans l'administration à Kigali et ailleurs. La même opération fut réalisée également dans les communes avoisinantes de Nyamugali et de Tumba. Il a été aidé dans cette sinistre tache par un certain MUKWIYE de Kinihira, Commune Cyungo et actuellement responsable des services de sécurité à Byumba".(http://www.grandslacs.net/doc/3123.pdf). 

 

 

 

 


 

 


 

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Commentaires / réactions

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nshimiyimana ernest from muhanga (Friday, 13-08-10 19:25)

imana ibarinde

 

Muhimakazi Lilian from Makerere /Uganda (Saturday, 27-02-10 08:42)

Ibyo byose byakozwe na bene wacu none ubu baratubeshya ngo tugume muri Ibuka na Farge, ngo twige tuminuze tuzamare abahutu, ariko njye ndabona nta solution irimo.NJYE mvuka mu muryango utagira umuhutu numwe, data yishwe na sida ariko mama ariho. ariko twahishwe nabahutu. ubwo se nka FPR iyo ibona rubanda nyamwinshi rungana kuriya, rwize, ruzi igisirikare rukomeza kugenda rusohoka, barwica insorongo..
Nibashaka bihane, ntibashobora kumaraho rubanda nyamwinshi, abapfuye barapfuye, barakora ubusa, igihe kimwe bazavoma ibirohwa. baradusemara. Desabiller Paul pour habiller Pierre, igihugu kizahora mu marasao, amaraso azasimburwa nayandi, nibyo dukora ntacyo bimaze, nibyo twiga ntacyo bizamara, turi abavandimwe babiri, nibareke twumvikane.

 

minout pat from kampala-ouganda (Tuesday, 04-08-09 13:40)

umutima wange uhise ubyimba,unyibukije papa bishe nk'ingurube mumaso yange bamuboheyeamaboko inyuma,sogokuru,marume ethanase,n'abandi....(ku mugina!!!).. nuko nikorera amaboko....mboneza iyigihuru...ahaaa ni akumiro!
ncuti ibyo uvuga ni ukuri n'Imana iziko utabeshya.tugire dute se?ngo bibukwe se!ubu barahiga bukware uwo wese uzi ibyo bakoze bagufata ukanyuzwa iyibusamo!fpr yishe abantu benci natangajwe n'imibare mike watanze!ngo mugina 500 personnes!!oya,.
ikibabaje ni uko ubu babataburura babita ababo bakabasabisha cash amahanga... niteguye gushinja aba bavuzwe ntabeshya, nyamuneka nge ntangufu nfite ntuntangaze .ndagusaba nkomeje umpe details za masacle yo kumugina entre 1er-28 juillet 1994.
merci!

 

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