L'Afrique et le SIDA |
|
|
|
|
|
Malgré les progrès réalisés à l’échelle mondiale pour combattre le SIDA, le nombre de personnes vivant avec le VIH et le nombre de décès dus à cette épidémie continue d’augmenter. Selon le rapport 2006 de l’ONUSIDA, 39,5millions de personnes vivaient avec le VIH en 2006 soit 2,6 millions de plus qu’en 2004. Avec une telle progression, la pandémie VIH/SIDA se révèle comme une crise mondiale sans précédent. Plus de 340 millions de personnes contractent chaque année une infection sexuellement transmissible guérissable. Non soignée cette infection augmente considérablement le risque de transmission du VIH. Le SIDA fait des ravages principalement dans les pays en voie de développement car sa propagation est notamment fonction des conditions sociales, économiques et politiques telles que la pauvreté, l’oppression, la discrimination de toutes sortes et l’analphabétisme. Même si des tendances à la baisse sont observées dans plusieurs pays pour la prévalence du VIH et malgré les avancées considérables dans la recherche sur la maladie, tout indique que les espoirs pour venir un jour à bout de ce fléau sont loin. Il est vrai que la thérapie actuelle avec des antirétrovirales permet de prolonger la vie, mais la prévention reste le seul remède fiable. L’Afrique : épicentre mondial du VIH/SIDA. D’après une étude de « sidaentreprises », « les projections suggèrent qu’en 2015, dans les 60 pays les plus touchés, la population totale sera inférieure de 115 millions à ce qu’elle aurait été sans le SIDA. L’Afrique comptera pour près des trois quarts de cette différence en 2050 ». Le Rapport 2006 de l’ONUSIDA vient renforcer cette vision apocalyptique. On y lit que presque 64% de toutes les personnes vivant avec le VIH se trouvent en Afrique subsaharienne soit 24,5 millions de personnes ; que deux millions d’entre elles sont des enfants âgés de moins de 15 ans et que sur dix enfants âgés de moins de 15 ans qui vivent avec le VIH, neuf vivent en Afrique subsaharienne. Dans son rapport 2005, l’UNICEF faisait le même constat : plus de 85% du nombre mondial des enfants de moins de 15 ans infectés par le VIH vivent en Afrique. Le rapport précité de l’ONUSIDA souligne que les femmes sont les plus touchées et que de ce fait, sur l’ensemble des femmes âgées de 15 ans et plus vivant avec le VIH dans le monde, trois quarts se trouvent en Afrique subsaharienne.
Les facteurs de transmission En Afrique, la transmission sexuelle est la principale source d’infections sexuellement transmissibles et donc du SIDA. Selon une étude de 1999 réalisée par Mburano Rwenge sur les « Facteurs de la transmission sexuelle des MST/SIDA en Afrique Subsaharienne », la plupart des parents s’entretiennent rarement avec leurs enfants sur la sexualité. Cette attitude, selon l’auteur, tient à de multiples raisons. Il y a l’éducation traditionnelle qui « n’accorde qu’une très petite place à l’explication et à la verbalisation ». A cela s’ajoutent le manque de connaissances adéquates des parents en matière de sexualité et le fait que la plupart des parents considèrent la sexualité comme un sujet tabou. Pour eux, les informations sur la sexualité seraient une incitation à la débauche. En Afrique subsaharienne, la transmission du VIH/SIDA est surtout hétérosexuelle. L’accroissement de la population, l’exode rural qui favorise la prostitution et le multipartenariat par des rapports sexuels occasionnels et souvent non protégés, la multiplication des déplacements et l’explosion urbaine expliquent la progression de la pandémie du SIDA en Afrique subsaharienne. D’autres facteurs comme les mouvements migratoires des populations suite aux guerres, aux famines ou à la recherche de l’emploi ou d’une vie meilleure favorisent le laisser aller sexuel. Les croyances, les coutumes, les interdits peuvent être source de contamination. Dans certains pays, après la naissance, la femme doit s’abstenir des rapports sexuels jusqu’au sevrage de l’enfant. L’homme peut ainsi se livrer aux relations sexuelles extraconjugales ou alors justifier la polygamie. D’après le Rapport 2005 de l’ONUSIDA, il est dit les hommes violents avaient un taux de séropositivité plus élevé que les hommes non violents ! Dans son livre : « SIDA et sexualité en Afrique » (Editions EPO, 2000), Vangroenweghe D. souligne qu’en Afrique, les systèmes de parenté et les systèmes matrimoniaux peuvent expliquer la propagation vertigineuse du SIDA en Afrique. Il constate que les femmes africaines ont peu de contrôle sur leur sexualité, alors que leurs partenaires se complaisent dans un style de vie chargé de risques. Dans certaines régions, refuser des relations sexuelles à son conjoint entraîne la répudiation immédiate. Le désir d’enfants chez les femmes séropositives Une étude qualitative récente a été menée sur huit femmes séropositives par Marie Louise Gakwaya (Le désir d’enfant chez les femmes africaines séropositives pour le VIH à Bruxelles, mémoire de licence, Ecole de Santé publique de l’ULB, 2007). Malgré que l’échantillon de l’étude est limité et que donc ses conclusions ne peuvent pas être généralisées, il ressort néanmoins que la majorité de ces femmes mènent une vie normale et veulent avoir des enfants. Les conséquences de ce désir d’enfant seraient bien entendu le risque de la transmission Mère-Enfant, le risque de la contamination du partenaire si ce dernier est séronégatif, et le risque de la toxicité potentielle des médicaments Antirétroviraux pour l’enfant.
Gaspard Musabyimana
Catégories Témoignages, ibuka bose
|
|

Aloysie Inyumba, la ministre du Genre et de la promotion de la famille, a remporté le Prix "Amelia Earhart", du nom de la première femme à voler en solo à travers l'océan Atlantique. Inyumba est récompensée en reconnaissance de son courage politique et de sa détermination à promouvoir la paix dans son pays. Elle recevra ce prix avec deux autres femmes : Virisila Buadromo de Fidji et de Chi Yvonne Leina du Cameroun.