La gangrène à NyamashekeDans la préparation de la guerre, la région de Nyamasheke fut le lieu de prédilection des recrutements du FPR pour les poseurs de bombes. |
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Nyamasheke est connu comme « UMURWA w’ABADAHINYUKA » (ville des irréprochables). Cette appellation, empruntée de l’Ecole Secondaire des Frères Josephites, est devenue jusqu’à une certaine période la fierté pour ceux qui sont nés, ont grandi ou séjourné dans la paroisse de Nyamasheke. Cette école a formé beaucoup de cadres du pays et surtout des enseignants du primaire. Nyamasheke comme paroisse regroupe deux anciennes communes de Kagano et Kirambo. C’est ici à Nyamasheke que le roi guerrier Kigeli IV Rwabugili a trouvé la mort après de violents combats contre l’île IDJWI. Le roi y avait un demeure et les Ibigabiro (les vestiges) sont toujours visibles à l’entrée de cette école. A Mataba, les sœurs pénitentes (Flamandes) y ont construit et géré une des sérieuses écoles pour filles. Les sœurs Benebikira ont un couvent et s’investissent surtout dans l’enseignement primaire. L’école primaire d’application fut longtemps la source des l’élite locale. Tout cela a contribué à faire de Nyamasheke un lieu de rencontre et d’échange avec les ressortissants des autres régions du pays. Surplombant le lac Kivu, Nyamasheke offre une vue superbe du volcan Nyiragongo quand le ciel est peu nuageux et surtout après la pluie; l’immense et majestueuse île Idjwi est à mi-chemin vers la rive ouest du beau lac Kivu. C’est une zone potentiellement touristique et commerciale vue sa position géographique. Nyamasheke est actuellement un district de l’actuelle province de l’Ouest. Les autorités administratives, judiciaires et de sécurité y battent le plein mais leur impact est des plus désireux par la population locale. Le chaos y est roi, les rôles sont confus, pareille situation rappelle le désordre d’avril à juillet 94 quand des milliers de vies humaines y périssaient. La situation qui a précédé ce carnage fut aussi interpellant raison de rappeler quelques faits et de demander aux décideurs d’écouter les cris du peuple en désarroi total. La situation qui a précédé les événements de 1994 En effet les années 92-94 ont été marquées par une bipolarisation de la population de Nyamasheke. Beaucoup de familles ont commencé à envoyer leurs enfants au front à la solde du FPR. Beaucoup de jeunes Tutsi par le biais du directeur de l’école Saint Cyprien « ABADAHINYUKA », le frère Sinigenga Ladislas et de Gasongo, un commerçant Tutsi installé à Bukavu. Tous les deux sont originaires de Gisuma Cyangugu. Parmi les recrus on peut citer quelques uns : 1-Kalisa Toto, fils de Kalisa Callixe de Gikuyu/Nyamasheke ; Enseignant 2-Franco fils de Karemera Isaac de Gikuyu/Nyamasheke ; Enseignant 3-Murangwa, petit fils de Kaguru de Ninzi/Nyamasheke 4-Songa Jean, fils de Songa Innocent de Gikuyu ; enseignant 5-Ngaboyamahina Alfred, fils de Nsengimana Claude de Butambara/Mutusa La liste est très longue. Certains jeunes n’ont pas eu l’occasion de rejoindre le FPR car ils étaient découverts. Il s’agit par exemple de Kagesera, Sayirunga Jean Marie et autres. Entre temps l’Armée régulière faisait des recrutements aussi. Avec l’intensification des combats beaucoup de familles ont pleuré leurs enfants morts sur le front, les jeunes partis renforcer les rangs du FPR et leurs parents étaient considérés comme des ennemis. Cette situation a envenimé les relations jadis de bon voisinage. Avec le multipartisme certains ne cachent même pas les intentions démesurées (arrogance, désobéissance à l’autorité, refus de l’effort de guerre demandée par l’Etat, …). L’affaires des mines à Nyamasheke et la violence En août 1992, l’abbé Gakwerere Silas (le curé de la paroisse de Hanika commune de Gatare), fut la première victime. Il est originaire de Kamasera/Butambara –Nyamasheke. Cette mine ne lui était pas destinée car elle fut déposée par des inconnus. Le bus à destination de Cyangugu en provenance de Kibuye plein à claquer était la cible. Ayant aperçu le bus au tournant à 1 km près, la mine fut déposée. Par surprise la SUZUKI du prêtre arriva en premier du sens opposé. Une autre mine fut déposée par des éléments qui, avant la fin de leur sale besogne, furent surpris par Nzitunga Aloys à Kadasomwa au niveau de la plantation de Semihali Silas. La mine fut neutralisée (désamorcée) par Monsieur Kabera, le brigadier de la commune Kagano en présence du sous préfet Terebura Gérard. Plus tard à Gafunzo au marché de Rugarama, Murera Aphrodis et sa sœur Mukakalinda Odette, enfants de Gafuku François de Rwesero/Butambara, ont été surpris par un contrôle improvisé car soupçonnés par la population locale. Ils avaient des mines en provenance du Zaïre. Ils ont eu la vie sauve grâce aux autorités et les militaires Français. La population venait de lyncher deux des transporteurs d’engins dangereux. Ces poseurs de mines emprisonnés à la 1930 (prison de Kigali) ont été relâchés par le FPR à la prise de Kigali. En 1992, chez Innocent Songa, une mine a été mal manipulée et sa détonation a créé la panique à Nyamasheke. Aussitôt cette famille et quelques autres familles des tutsi sont allées chercher refuge à la paroisse de Nyamasheke. Ceci a crée des tensions, violences et pillages jusqu’à l’intervention du premier ministre Dismas Nsengiyaremye. En mai 1993, au marché de Kirambo, une série de mines ont sauté faisant des morts et blessés graves. Une fille du nom de Kagoyire en avait prévenu ses amis à Kibogora. L’impact des rescapés du génocide A Nyamasheke, l’autorité administrative est diluée par la présence en tout temps tout lieu par l’injonction d’IBUKA asbl. Certaines personnes, qui décident de l’emprisonnement, de la disparition, de l’innocence sans procès, etc des présumés génocidaires continuent de semer la terreur, la zizanie, le chaos et le désespoir à Nyamasheke. Cette entreprise du mensonge œuvre certainement pour le compte de la haute hiérarchie du pays si non on se demande comment celle-ci ne réagit point. Certaines actions écœurent : Lors du rapatriement forcé, Monsieur Kalisa Sylvère, fils de Imanirabaruta Stanislas,alias Mudage arrivé via Gafunzo (de chez son beau-père) fut arrêté à Kinini par Jean alias Gérant, Kayitera et Nkusi, tous originaires de Kinini. Il fut déchaussé, conduit sous la bastonnade en passant chez Mutarutinya Célestin, Iyamulemye Saulve, ensuite chez son papa et Nyilibakwe Innocent avant d’arriver à sa maison transformée en une brigade de l’APR. Les trois rescapés appuyés d’hommes armés, nouveaux occupants de la concession ; l’ont battu à mort et ont mutilé le corps avant de le jeter dans sa toilette. Ceci parce qu’accusé d’avoir tué Mutarutinya Célestin, Munyurabatware Ferdinand et Rudasingwa. Pourtant il y a des emprisonnés repentis de ce forfait : Selemani et Magambo Dominique. La maison de Kalisa a été pillée à la vue de tous par un fils de Mazimpaka Innocent. Le président d’IBUKA Mr Sayirunga Jean Marie assure la coordination de ce forfait. La juge improvisée Mukandayi Alivère a fait arrêter beaucoup de gens sous de fausses accusations. Son mari, Nziraguseswa Déogratias, transformé en magistrat de l’appel, ne faisait que confirmer les décisions de sa chère épouse. Il a fallu que Monsieur Martin, un ancien réfugié tutsi, de nationalité Belge, accuse cette famille d’avoir tué sa mère Karusaro Thérèse pour que monsieur et madame retrouvent la raison. Actuellement, la population se demande comment fuir les menaces de Hodali, Nkusi, Kayitera et surtout de Kabanda Gaëtan, ce héro que Paul Kagame a vanté lors de la 12 ème commémoration du génocide à Nyamasheke le 07 avril 2006. La population de Nyamasheke est prise entre l’étau et l’enclume. Le citoyen qui, rarement, n’est pas malmené par les autorités administratives, est sûrement ciblé par une nouvelle machine à tuer, à sucer le sang du peuple, à confondre tout et tout le monde. Monsieur Sayirunga Jean Marie est devenu le monarque, Rwabugili de Nyamasheke ; il décide de l’emprisonnement, du pardon, de l’exil forcé et retour conditionné par les sommes colossales lui versées en butin de guerre. Ce self made superman omniprésent et omnipotent dépasse la police. Sans permis de conduire, il est, depuis plus d’une décennie, le chauffeur de la commune et après, du district. Il a tiré le courant électrique et utilise celui-ci à sa guise aux frais de l’Etat, au su et vu de tout le monde. Il est le président de la banque, président d’IBUKA asbl, même les rescapés pauvres lui versent des matabishi afin de recevoir une vache ou des tôles. Les Bahutu lui fabriquent des briques adobes et lui font de travaux gratuits divers faute de quoi ils tombent en disgrâce pour connaître la prison sans jugement. Avant avril 1994, Sayirunga faisait paître les chèvres des Frères Josephites de Nyamasheke ; son père Bagilishya Jean y travaillait comme cuisinier. Loin de vivre le commun de ses voisins rescapés, ce monsieur est propriétaire en temps record de maisons avec une toiture de plus de 800 (huit cent) tôles. Les anciens responsables de la commune Kagano et du district de Nyamasheke ont vu leur autorité diluée par les injonctions du tout puissant Sayirunga Jean Marie. On se demande comment personne n’a osé jusqu’ici dénoncer cette situation que la population toute entière est obligée de se demander si le Rwanda n’a plus besoin d’habitants de Nyamasheke. Il y a de la terreur et il n’y a plus d’espoir de vie surtout au moment où les bornes posées le long du lac Kivu vont leur priver le seul moyen d’existence : le travail de la terre. Ces agriculteurs pleurent sans oser lever la voix car la mesure frappe des milliers de pauvres côtiers de ce district qui s’étend en grande partie le long du lac. Libérer 100 m le long du lac au moment est fatal car la superficie par ménage est très étroite et que la population s’y est concentrée au fur des années. Les habitants de Murwa, Ishala, Kirehe, sont les plus lésés et prennent cette mesure comme une déportation pure et simple. En plus il faut libérer 50 m le long des routes, la pêche au lac est privatisée. Les habitudes alimentaires de ces riverains du Kivu ont totalement changé au profit d’une personne qui a acheté le lac. La population attend le dernier de la série des meurtriers. Il n’est pas loin de pointer son nez. Les habitants de Nyamasheke lancent un cri d’alarme à qui veut les entendre et les soutenir dans le combat pour leur survie. Témoignage recueilli par Gaspard Musabyimana, le 14/12/2007
Catégories Documents sur le Rwanda, Témoignages, ibuka bose
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Aloysie Inyumba, la ministre du Genre et de la promotion de la famille, a remporté le Prix "Amelia Earhart", du nom de la première femme à voler en solo à travers l'océan Atlantique. Inyumba est récompensée en reconnaissance de son courage politique et de sa détermination à promouvoir la paix dans son pays. Elle recevra ce prix avec deux autres femmes : Virisila Buadromo de Fidji et de Chi Yvonne Leina du Cameroun.